Critique de Sinister

Quelques jours après Paranormal Activity 4 ,sort sur nos écrans un autre film utilisant en partie le procédé du Found Footage, Sinister. Cette fois-ci, les producteurs ont recruté un acteur de premier plan pour camper le personnage principal, en la personne d’Ethan Hawke.

Ce film est produit par Jason Blum (producteur de tous les Paranormal Activity, de la mauvaise série TV The river, de Insidious).

Réalisé par Scott Derrickson, à qui l’on doit L’exorcisme d’Emily Rose et le très mauvais remake de Le jour où la terre s’arrêta, ce film n’inspirait pas forcément une confiance à toute épreuve.

Ellison est un écrivain s’attelant à résoudre des faits divers restés en partie inexpliqués. Le succès de son dernier livre remontant à 10 ans, il peine à retrouver la lumière et semble obsédé par l’idée de réussite, créant un trouble et des déséquilibres au sein de son foyer. Son épouse, qui passe son temps à lui répéter qu’elle le soutient pendant la première moitié du film, semble pourtant avoir très envie de prendre ses affaires et ses enfants et de s’éloigner de lui.

La petite famille emménage dans une maison, dans laquelle quatre personnes ont été tuées, pendues à l’arbre du jardin, alors que la petite fille de la famille a disparu.

Ellison retrouve un carton dans le grenier, contenant des films super 8, mettant en scène plusieurs massacres, dont celui de la maison dans laquelle il réside. Un personnage apparaît fugacement sur chaque vidéo, ainsi qu’un symbole. Ellison va mener l’enquête, en même temps qu’il est rattrapé par d’étranges phénomènes dans la maison.

Raté: c’était pas un vieux porno oublié dans le grenier….

Ce film, qui porte très bien son titre, s’attache à nous ancrer dans l’univers de son héros et le procédé fonctionne plutôt bien, grâce à la qualité du jeu d’Ethan Hawke, qui crée une empathie presque immédiate, malgré son côté narcissique.

L’histoire se met en place progressivement, intrigue, jusqu’au tiers du film. Une fois le premier pot aux roses découvert, le spectateur sera malheureusement à même de prévoir la majorité des rebondissements suivants.

Le procédé du found footage est utilisé de manière assez intéressante puisqu’on ne subira pas tout le film selon ce mode. En effet, seules les vidéos des meurtres étudiées par le personnage d’Ethan Hawke répondent à ce mécanisme, qui aura une autre utilité dans le dernier tiers du film, ce qui se révèle assez astucieux.

La terreur inspirée par ce Sinister est assez variable. Le procédé horrifique fonctionne assez bien dans la première moitié du film, durant laquelle une atmosphère glauque et mystérieuse est installée progressivement, tandis que le personnage d’Ethan Hawke semble se réfugier dans l’alcool pour surmonter le tout.

Puis le réalisateur semble brusquement changer son fusil d’épaule, en tentant de nous effrayer par des Jump Scares, chers à mon ami @evilashymetrie  de Podsac. Se multiplient alors les plans de personnages apparaissant brusquement à l’écran, coupant l’atmosphère inquiétante instaurée jusque là pour livrer un rendu plus abrupt et manquant cruellement de finesse.

L’utilisation des effets sonores, matérialisés par des grincements, des musiques inquiétantes, des bruits sourds, est excessive tout au long du film et vient alourdir le propos inutilement.

Je ne suis pas presbyte, je ne suis pas presbyte, je peux arriver à lire ça

Bien plus élaboré que le scénario d’un Paranormal Activity, ce film se rapproche davantage, au moins dans sa première partie, d’une autre production de Jason Blum : Insidious, qui jouait beaucoup plus sur l’atmosphère et l’univers dans lequel le spectateur était entraîné, malgré un final assez bancal.

Au final, ce Sinister est à moitié réussi, en ce qu’il parvient à créer une atmosphère assez glauque et inquiétante, mais perd en qualité durant sa deuxième partie cousue de fil blanc et mise en scène avec moins de finesse.

Le film n’est pas mauvais pour autant et permet de passer un bon moment, même s’il ne restera pas gravé dans les mémoires et qu’on se posera la question deux fois avant de le revoir.

A noter que son budget famélique (3 millions de dollars) lui permettra sans doute une belle rentabilité une box-office…

Note du film : 6/10

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2 réflexions au sujet de « Critique de Sinister »

  1. ça suffit, Monsieur WGS !
    Je ne suis pas du tout fan des jump scares et encore moins des fake scares… si aucune ambiance n’est installée en amont…
    le coup des grossiers effets sonores à base de porte qui claque, non merci !

    (mais bon, vous m’avez quand même donné envie de voir ce sinister film)

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