Critique de Rencontre avec Joe Black (Blu-Ray)

Note du film : 8.5/10

Rencontre avec Joe Black est un film sous-estimé. Martin Brest, réalisateur de Midnight Run, Le flic de Beverly Hills, Le temps d’un week-end, a eu la mauvaise idée de mettre en scène Gigli en 2003, catastrophe avec Ben Affleck et J. Lo. Ce naufrage mettra un coup d’arrêt à sa carrière.

En 1998, il réunit un casting haut de gamme autour de Brad Pitt (qu’on ne présente plus), Anthony Hopkins (Le silence des agneaux) et Claire Forlani (Rock) pour un film hors norme.

Jugez plutôt…

Bill Parrish, milliardaire veuf, s’apprête à fêter son 65e anniversaire en compagnie de ses deux filles. Seule ombre au tableau, une douleur cardiaque et une voix aussi grave que mystérieuse qui l’assaillent brusquement un matin. Un simple « Yes » surgi de nulle part qui hantera Parrish pour la matinée. Il comprend au fur et à mesure de la journée qu’il a réellement été contacté par quelque chose, jusqu’au soir où un individu se présente à son domicile comme la mort elle-même. L’individu aura l’apparence d’un jeune homme que sa fille cadette avait rencontré plus tôt dans la journée et dont elle s’était éprise.

La mort, que Parrish renommera maladroitement Joe Black, passe alors un pacte avec le vieil homme pour lui servir de guide sur terre, jusqu’au moment de l’accompagner de l’autre côté.

Ce film est un véritable OVNI cinématographique.

On pourrait prendre ce long-métrage comme une comédie romantique sirupeuse, comme un conte métaphysique bercé de bons sentiments.

En réalité, il n’en est rien. Il se rapproche beaucoup plus d’une comédie dramatique virtuose, frisant la perfection.

Prenant le parti de se baser sur la découverte des sensations humaines d’un être n’ayant jamais goûté à la perception matérielle de la vie, Brest s’aventure sur un terrain très glissant, puisqu’il doit entreprendre de montrer le ressenti de ces sensations et un émerveillement pour des choses simples sans sombrer dans la mièvrerie ou le ridicule.

L’autre versant de l’histoire, tout aussi dangereux dans son traitement, permet d’évoquer le sens de la vie, la façon dont un homme peut mesurer la qualité de ce qu’il a accompli, ou non.

Ce thème, forcément délicat, est traité en évitant tous les pièges et poncifs possibles.

Martin Brest parvient à livrer un film merveilleux de bout en bout, empreint d’une force émotionnelle et d’une délicatesse rares.

Magistral.

Le baiser mortel du dragon

Aidé par un Brad Pitt au sommet de son art et un Anthony Hopkins impérial, le réalisateur parvient à hisser cet objet cinématographique jusqu’à des sommets.

Ce voyage sensoriel, empreint de réflexion métaphysique, sera pourtant à plusieurs reprises sur le fil, tant il est difficile d’aborder le thème du sens de la vie et d’évoquer la perception des plaisirs simples sans être mièvre. C’est pourtant ce que réussit Brest.

Le personnage de Bill Parrish ne dispose que de quelques jours pour faire ses adieux à la vie et pour tenter de profiter au mieux des choses essentielles (sa famille) et partir en paix. On comprendra peu à peu que c’est la personnalité et la grande droiture de l’homme qui ont amené la mort à le choisir comme guide, permettant une réflexion sur la morale assez fine.

La thématique de ce film est beaucoup plus riche que ce qu’on perçoit au premier abord et laissera le spectateur songeur bien après la fin du générique.

Les dialogues sont un modèle du genre, avec quelques phrases choc qui reviennent comme en écho. La justesse des mots employés, le rythme des phrases, le ton, tout est parfaitement ciselé pour contribuer à un rendu excellent.

Le trio d’acteurs est incroyable. Sans doute très bien dirigés, chacun réussit une performance de haute volée, contribuant à la qualité du film.

Brad Pitt , blond comme les blés, à l’allure juvénile, joue aussi bien l’ingénu que l’être sûr de lui et autoritaire. Tour à tour effrayant et charmant, il livre l’une de ses meilleures prestations, pourtant rarement citée à son palmarès.

Anthony Hopkins est tout bonnement parfait, du début à la fin. A la fois fort, charismatique et sensible, il a su se glisser dans la peau d’un personnage passionnant et duquel on se sent rapidement très proche.

Claire Forlani est aussi belle, douce que talentueuse dans ce film. Elle parvient à nous faire croire totalement à l’évolution de son personnage et à nous toucher avec grâce à plusieurs reprises. Cette actrice n’a probablement pas eu la carrière qu’elle méritait, au vu de la qualité de sa prestation dans ce film.

Mention spéciale à Jake Webber (le mari de Patricia Arquette dans la série Medium), qui joue à merveille son rôle, dont on ne dira rien pour ne pas spoiler.

Techniquement, Martin Brest livre un film magnifique.

La lumière et la photo sont sublimes, notamment dans le dernier tiers du film, pendant la soirée d’anniversaire. Le support HD met en valeur de façon magistrale ces qualités, l’œil ne sachant plus où regarder pour profiter de la beauté de l’image.

Save the last dance

Les décors, fabuleux, sont magnifiés par le blu-ray. La maison de Parrish est superbe, abritant une piscine intérieure splendide et des pièces majestueuses. La bibliothèque dans laquelle Parrish fera connaissance avec Joe Black est d’une beauté frappante. L’impression de profondeur permise par le support laisse apprécier l’élégance et la grandeur de cette pièce, superbe élément de décor.

Les trois heures de film ne se ressentent pas, en raison de l’intelligence et de l’habileté du scénario d’une part, en raison de la beauté du spectacle qui nous est offert, d’autre part.

Le score est parfait, accompagnant à merveille chaque scène clé. Le final est un modèle du genre, avec le choix d’un titre magnifique repris par un orchestre lors de la soirée d’anniversaire. Les qualités audio du blu-ray contribuent à augmenter le rendu de certaines scènes, notamment de révélation, qui deviennent très intenses.

Video: 8/10

La première scène du film peut faire très peur, tant l’image présente un grain et un rendu très moyen. Les craintes se dissipent pourtant très vite avec les premières scènes d’extérieur, jolies. L’image confine par la suite au magnifique avec la mise en valeur de certains décors (la piscine, la bibliothèque, le pont, le feu d’artifice).

Sans proposer une netteté à toute épreuve, la qualité du traitement vidéo met en avant les qualités de profondeur et met en valeur la lumière captée, de même que la photo.

Audio : 8/10

La piste son DTS-HD Master Audio est superbe.

Que ce soit au niveau de la centrale, qui rend les dialogues très clairs ou au niveau du caisson de basse, impressionnant lors de plusieurs scènes, le DTS HD MA est un exemple. Vous aurez mal au cœur lorsque Bill Parrish a la poitrine comprimée.

La spatialisation est bonne et le score parfaitement appuyé et distribué grâce à cette piste.

Bonus : 0/10

Quant aux bonus…

Rien ! Nada !

Zéro pointé.

Un mot sur la présentation du menu d’accueil, extrêmement moyenne. Des icônes mal choisies représentent les différentes options, sauf qu’on ne sait pas exactement ce que désigne chacune d’elles. La dernière, en forme de point d’interrogation, vient répondre à ces questions. Tordu ?

 

 

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4 réflexions au sujet de « Critique de Rencontre avec Joe Black (Blu-Ray) »

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