Critique de Life of Pi (L’odyssée de Pi)

Note du film : 6,5/10

Ang Lee crée l’évènement en cette fin d’année 2012, en proposant l’adaptation du roman canadien de Yann Martel « Life of Pi ». Annoncé par beaucoup comme le chef d’œuvre de l’année et de la carrière d’Ang Lee, qu’en est-il vraiment ?

Autant dissiper tout suspens maintenant, le film est bon. Il est toutefois assez loin d’un chef d’œuvre. Et Ang Lee avait déjà fait beaucoup mieux, avec Brokeback Mountain.

L’histoire met en scène Pi, un jeune Indien vivant dans le zoo appartenant à son père en Inde. La famille décide de déménager au Canada et pour cela, de prendre la mer avec les animaux du zoo. Le paquebot transportant tout ce petit monde sombre dans l’océan Indien, suite à une tempête et le jeune Pi est le seul rescapé. Il survit à bord d’une barque et doit cohabiter avec un zèbre, un orang-outan et un tigre du Bengale.

Va chercher tes lunettes 3D avant que je m'énerve
Va chercher tes lunettes 3D avant que je m’énerve

Le film annonce la couleur dès le départ avec des plans assez étranges et parfois maladroits sur les animaux du zoo, des couleurs un peu trop artificielles et l’évocation de thèmes religieux de manière trop appuyée.

C’est le personnage du héros âgé d’une quarantaine d’années qui raconte son histoire à un écrivain, qui servira de voix-off pendant le long-métrage.

Le premier quart du film propose la découverte de l’enfance de Pi, avant le naufrage et son « odyssée ».

On découvre alors un garçon mystique, rêveur et un peu éloigné des réalités, que son père tente d’endurcir et de transformer en homme accordant plus de place à la vision cartésienne de la vie.

Le film prend toute son ampleur et sa beauté dès lors que Pi est sur sa barque avec le tigre. Il est d’ailleurs à noter qu’on attend l’arrivée de ce moment un peu trop longtemps, la bande-annonce nous l’ayant déjà révélé depuis de nombreuses semaines.

Le film se mue en une quête de survie et de sens pour Pi, dans un univers à la limite de l’irréel.

Ang Lee se sert de la 3D un peu à la manière des concepteurs de la publicité Haribo au début du film. Diverses choses sont projetées vers la caméra durant le premier tiers de la survie de Pi sur la barque, un peu comme si Ang Lee découvrait un nouveau jouet. Puis il semble s’en lasser et utilise la 3 D à la manière de Cameron dans Avatar, pour donner vie à des décors parfois beaucoup trop artificiels.

La photo du film paraît sublime par moments, mais la pellicule se retrouve comme « handicapée » par le filtre de la 3D. Même si Lee parvient à maîtriser la technologie, son film perd en lumière et en beauté de la photographie à cause de cette 3D.

A noter que l’on aurait très bien pu s’en passer pour cette histoire. Mais c’est un autre débat car à quelques exceptions près (Avatar, Prometheus peut-être), on peut toujours se passer de 3D à mon sens.

Pour ma part, je n’ai pu m’empêcher de penser à plusieurs reprises durant le film qu’il serait nettement plus beau en blu-ray. Cette réflexion peut laisser perplexe sur le choix de sortir en salles un film qui sera sans doute beaucoup plus beau 4 mois plus tard sur le support HD…

L’aspect mercantile expliquant sans doute cet aspect des choses, oublions cette parenthèse.

Il n’en reste pas moins que certaines scènes bénéficient d’un très beau rendu et que ce qu’on pouvait craindre au vu des effets spéciaux de la bande-annonce ne se produit que par moments.

Le film n’évite pas en effet l’écueil d’images de synthèse beaucoup trop artificielles (la mer déchaînée, certains mouvements du tigre, la lumière). A noter toutefois que la pire incrustation, à savoir celle de la baleine qu’on voyait dans la bande-annonce (pas de spoiler donc) si elle ne passe toujours pas mieux durant le film, a un alibi. Mais il faut voir le film pour comprendre…

Le clou du spectacle
Le clou du spectacle

Si ce film est à l’arrivée bon, c’est grâce à la force de son récit, qui, malgré un côté cucu et un peu trop mystique, parvient à placer le spectateur dans la peau de Pi.

Certaines scènes oniriques, certains évènements que doit affronter le jeune héros se révèlent très immersifs et rendent le film prenant.

Même si la présence de certains animaux semble répondre à une envie d’attirer un public familial dans les salles au moment des fêtes de fin d’année, le film conserve une certaine force et son message passe finalement assez clairement.

La narration très classique, accompagnée d’images artificielles modernes confère un style assez étrange au film, auquel on s’habitue une fois qu’on accepte son côté onirique.

Un humour assez efficace traverse le film, tandis que l’émotion nous envahira immanquablement une ou deux fois durant le long-métrage.

La fin du récit s’accompagne d’une belle petite surprise, qui confère au film une nouvelle dimension. Elle ne le place pourtant pas au rang des grands films, malgré des qualités indéniables.

C’est réussi, mais pas flamboyant.

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