Critique de The Town (Blu-Ray)

Film : 7.5/10

Deux ans après le très réussi Gone Baby Gone, Ben Affleck repasse derrière la caméra avec un polar musclé : The Town.

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On regarde tous du même côté et on sourit

Adapté du roman Princes of Thieves de Chuck Hogan, publié en 2004, Ben Affleck s’octroie le rôle principal et s’entoure d’acteurs de choix. Le premier d’entre eux est l’excellent Jeremy Renner (Mission Impossible 4, Démineurs et qu’on retrouvera bientôt dans la suite de la franchise Jason Bourne), accompagné de Rebecca Hall (Vicky, Christina, Barcelona), Jon Hamm (de la série Mad Men, Sucker Punch) et de Blake Lively (vue dans Gossip Girl et dans Green Lantern, le film qui fait saigner les yeux).

The Town propose une plongée dans l’univers des braqueurs de banque, activité au savoir transmis de père en fils dans le doux quartier de Charlestown, à Boston. Doug Mac Ray et ses complices se livrent à des braquages lucratifs, en suivant un mode opératoire aussi violent que maîtrisé et un circuit très précis, du repérage au blanchiment.

Lors d’un casse, le groupe quitte la banque avec une otage, qui sera relâchée quelques kilomètres plus loin. Dès le lendemain, Doug surveillera la jeune femme, jusqu’à se rapprocher d’elle.

Le FBI, mené par un Jon Hamm énergique, se lancera à la poursuite du gang, après les avoir rapidement identifiés.

Le film consistera en un jeu du chat et de la souris, classique construction du genre.

Ben Affleck est un très bon réalisateur.

La lecture de cette ligne aurait pu surprendre il y a encore quelques années de cela, tant le parcours d’acteur de l’intéressé a été chaotique et ponctué de choix contestables. Mais voilà, Affleck a su rebondir et donner un nouvel élan  à sa carrière en choisissant la mise en scène.

Suivant le parcours classique d’un jeune réalisateur, il explore différents territoires puisqu’il a commencé par le thriller style Mystic River avec son Gone Baby Gone et qu’il s’aventurera ensuite sur la piste d’un thriller d’espionnage pour Argo.

Avec The Town, il nous offre un polar très maîtrisé, techniquement presque irréprochable, monté avec précision, dans le souci évident d’une efficacité maximale.

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Je ne trouve pas le bouton Rec sur ce truc. Quelqu’un peut m’aider?

Le scénario, classique mais bien ficelé, est construit de telle manière qu’il permet de creuser suffisamment la psychologie des personnages pour qu’on s’intéresse réellement à eux et créer l’empathie.  On pourra déplorer un relatif manque de surprises dans le déroulé de l’histoire, sans doute dû à une volonté de s’appuyer sur un matériau solide, sans se risquer aux twists. Le scénario faiblit légèrement sur la fin, en cédant quelque peu à la facilité, mais l’ensemble ne s’en ressent pas.

Trois scènes d’action sont savamment placées au cours du film, de façon à tenir en haleine et à maintenir l’adrénaline tout au long du voyage.

Affleck démontre un talent certain pour la mise en scène des poursuites, fusillades et autres bagarres à main nues ou à coup de battes de base-ball. La réalisation est suffisamment nerveuse pour créer la tension, les acteurs suffisamment intenses (Jeremy Renner), froids (Ben Affleck) ou menaçants (Hamm) pour qu’on soit totalement immergés dans l’univers de ces braqueurs pas amateurs.

Mais le talent d’Affleck caméra à la main ne s’arrête pas là puisque les scènes de dialogues sont telles qu’elles ne font jamais retomber le rythme du film. Idem pour la progression de l’enquête du FBI, menée tambour battant. Même dans les scènes de romance, on ne sombre jamais dans le mièvre ou le lancinant, puisqu’une dose d’humour vient à chaque fois pimenter ces moments.

Le meilleur du film se situe tout de même au cœur de l’action, avec une excellente poursuite en voiture, doublée d’un gun fight percutant. Le final, explosif lui aussi, vaut son pesant de cacahuètes, sublimé par la qualité technique du support.

Les acteurs, très bien dirigés, livrent presque tous une partition parfaite.

Mention spéciale à Jeremy Renner, au jeu intense et nerveux, qu’on a plaisir à voir évoluer en brute qui tape et flingue avant de réfléchir.

Ben Affleck, bien loin des années Armageddon où il en faisait des tonnes, parvient à proposer un jeu posé, tout en donnant à son personnage un sang-froid et une force palpables.

Jon Hamm est très juste, incarnant un agent du FBI déterminé, au torse bombé et au regard provocateur.

Seule ombre au tableau du casting, Blake Lively parvient difficilement à jouer la fille vulgaire et maquillée comme une voiture volée. Jamais vraiment à l’aise, elle est largement au-dessous du reste du cast.

The Town est donc un film très réussi, plaisant, rythmé, duquel on ne ressort pas frustré.

Il serait toutefois malhonnête de ne pas évoquer la filiation de ce film avec le modèle du genre, Heat, de Michael Mann.

Plusieurs éléments ressemblent furieusement au scénario du film de Michael Mann, à commencer par la construction de l’histoire, le déroulement des opérations. S’ensuivront des gun fights au fusil d’assaut en ville, l’utilisation du personnage de Blake Lively qui rappelle celui d’Ashley Judd, ou encore une scène au téléphone provoquant un rebondissement présent dans Heat.

Affleck ne semble pas vraiment se cacher de cette influence, puisque son personnage va même jusqu’à regarder Heat à la télévision, le soir où Blake Lively s’invite chez lui de force.

Cette ressemblance, bien qu’ostensible, ne suffit pourtant pas à gâcher le plaisir que procure la vision de The Town, qui parvient, grâce à son rythme, son esthétisme, son style et son efficacité à emporter l’adhésion.

L’originalité du personnage de l’otage campé par Rebecca Hall aidera aussi à oublier l’histoire de Heat.

Au final, The Town est le genre de films qu’on peut facilement prendre du plaisir à voir, revoir, ou même re-revoir sans éprouver le moindre sentiment d’ennui.

Jean-Claude Van Dame aurait doublé un acteur pour cette scène.
Jean-Claude Van Damme aurait doublé un acteur pour cette scène.

Video : 8/10

La qualité de l’image de ce blu-ray est très bonne, elle offre une précision extrêmement agréable, une profondeur de champ importante. Justice est rendue aux qualités de la photo et au travail effectué sur la lumière de ce film, décidément très bon techniquement.

Un léger grain est à noter à une ou deux reprises, peut-être volontaire, mais l’ensemble reste très bon.

Audio: 9/10

On privilégiera le DTS-HD Master Audio de la piste américaine, au Dolby Digital 5.1 de la version française.

Le DTS-HD MA offre une piste son excellente. La gestion des graves est un modèle du genre, la spatialisation est aussi fine qu’efficace. La voie centrale permet une excellente audition des dialogues.

Sans être la référence à toute épreuve, cette piste son est très bonne.

Bonus: 5/10

Secrets de tournage avec Ben Affleck : une trentaine de minutes  pour un making-off divisé en petits chapitres de 3 ou 4 minutes, nous apprend comment des acteurs ayant vécu à Charleston ont été choisis ou encore ce qu’implique la double casquette de Ben Affleck en tant qu’acteur et réalisateur.

Rien de transcendant en soi et surtout une durée assez faible pour ces bonus.

L’article publié sur le site Agora HD

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