Mini-critique de Gambit

Note du film : 3/10

Remake du film éponyme de 1966 réalisé par Ronald Neame, cette version de 2013 est réalisée par Michael Hoffman (Un beau jour).

Colin Firth reprend le rôle tenu par Michael Caine et se voit affublé d’un ersatz de Cameron Diaz, tandis que Stanley Tucci  et Alan Rickman complètent le casting.

Harry Deane recrute PJ Puznowski pour piéger son employeur, Lionel Shahbandar, en tentant de lui vendre une imitation d’un tableau de Monet, par lequel celui-ci est obsédé.

Si l’on pouvait s’interroger sur l’utilité de produire le remake de ce film en 2013, quelques minutes de film suffiront pour se rendre à l’évidence : l’idée était mauvaise, le résultat l’est encore plus.

Michael Hoffman, aidé par un scénario écrit par Ethan et Joel Cohen, qui mûrissaient l’idée depuis plus d’une décennie, prend le parti d’adopter le ton de la comédie et de l’ironie.

Seulement voilà, le verdict est sans appel : après deux ou trois gags sans originalité ni finesse, on comprend qu’on aura du mal à s’amuser des aventures de cet Anglais pincé et de cette Américaine aux manières extraverties et au langage fleuri.

Les dialogues, particulièrement mal écrits, ne viendront jamais relever le niveau d’une comédie de bas étage, vulgaire et à la limite du mauvais goût.

A court d’idée, les scénaristes auront même recours à la scatologie, pour tenter d’arracher un sourire au spectateur, au cours d’une scène embarrassante.

Tu crois qu'on va encore se faire huer?
Tu crois qu’on va encore se faire huer?

Tout cela sans compter sur les invraisemblances qui se multiplient au fur et à mesure de la progression de l’intrigue.

Citons simplement la scène au cours de laquelle Colin Firth se dérobe au personnel pour échapper au paiement de la note d’hôtel, en prétextant aller chercher ses lunettes oubliées dans la suite de Cameron Diaz. Le même membre du staff présent à la réception découvrira Colin Firth en caleçon dans une autre suite, sans y voir le moindre inconvénient, puis le laissera quitter l’hôtel sans faire allusion à la note quelques instants après.

Plus grave encore, le film use de toutes les ficelles possibles du genre, suivant une trame ultra-classique et convenue, vue et revue des milliers de fois.

Chaque évènement ou rebondissement (s’il est possible d’utiliser ce terme ici) est prévisible et sera anticipé par un spectateur un tant soit peu attentif.

Le manque d’originalité se fera ressentir jusqu’au twist final, qu’on attend péniblement après l’avoir aisément deviné.

Côté mise en scène, aucune fantaisie ne vient égayer ce morne spectacle, à la photographie décevante et aux décors assez pauvres, alors que le cadre se prêtait pourtant à la beauté.

Seul le travail de Colin Firth est à sauver, son jeu s’adaptant tant bien que mal à cette farce.

Le personnage de Cameron Diaz est tellement bancal et pauvre que l’actrice ne peut pas apporter le grain de folie qui la caractérise pour rehausser le niveau.

Quant à Alan Rickman et Stanley Tucci, ils ne font que répéter un numéro déjà joué, mais semblent plus participer à l’entreprise pour payer leurs taxes qu’autre chose.

Une comédie qui frise dangereusement avec le ridicule, qui manque cruellement d’originalité et de verve pour retenir l’attention.

A éviter en salles comme en vidéo.

 

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5 réflexions au sujet de « Mini-critique de Gambit »

  1. J’ai réussi à rire, moi aussi, même si, on est d’accord, l’ensemble est plus que bancal et insipide. Je retiendrais le jeu de Colin Firth, toujours juste. Et cette fameuse scène qui t’a tant dérangée quand elle m’a fait tant rire… 😉

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