Mini-critique de Passion

Brian de Palma revient sur le devant de la scène avec Passion, thriller érotico-psychologique mettant en vedette la jolie Rachel Mac Adams et Noomi Rapace.

Note du film: 4,5/10

Passion étant le remake de Crime d’amour (2010) d’Alain Corneau (oui, oui), on pouvait se poser des questions sur la genèse de ce film. Comment Brian de Palma pouvait-il s’inspirer d’un thriller français pour son nouveau long-métrage ?

Ce Passion restera une énigme, à plus d’un titre, tant sa conception donc, mais aussi sa construction et sa narration sont étranges.

Premier gros défaut du film, qui suffit presque à gâcher l’ensemble : un scénario calamiteux, manquant cruellement d’intérêt et d’enjeu dans sa première heure.

On découvre un jeu de pouvoir, de manipulation, de domination et de séduction entre une cadre et sa subalterne.

Seulement voilà, les personnages sont des clichés ambulants et l’intrigue tarde tellement à démarrer qu’on se demande après une demi-heure de film ce qu’on fait dans la salle.
Noomie Rapace hérite du personnage le plus bancal de l’histoire et paraît tour à tour perdue, mal à l’aise dans la peau de son personnage.
Heureusement, Rachel Mac Adams parvient à susciter un minimum d’intérêt et de mystère, sauvant la première partie du film du naufrage.

Rachel, on va être obligés de la refaire. pour la 5000e fois. On te jure que ce n'est pas pour te voir plus longtemps dans cette tenue. Aucun rapport.
Rachel, on va être obligés de la refaire pour la 5000e fois. On te jure que ce n’est pas pour te voir plus longtemps dans cette tenue. Aucun rapport.

Mais le mal est fait, on s’ennuie fermement dans ce thriller psychologique à tendance faussement érotique.
De faux airs de Basic Instinct planent parfois sur le film, sans toutefois que les choses ne dérapent suffisamment pour devenir excitantes, on ne verra rien de plus qu’un bisou entre les deux femmes…
La dimension sexuelle n’est donc pas suffisamment appuyée pour créer une tension particulière ou charger le film d’une atmosphère animale.

Et puis subitement, de Palma se réveille, se souvient à la moitié du long-métrage qu’il a été un cinéaste brillant.
En puisant dans ses vieilles recettes, il nous offre une jolie scène en splitscreen dont seul lui a le secret, sur fond de ballet.
Sa mise en scène devient inspirée, de belles images se mettent alors à défiler sous nos yeux pendant le dernier tiers du film.
Quelques images lorgnant sur le style giallo apparaissent.
L’histoire même devient un peu plus folle, pour offrir quelques twists permettant de donner un peu de rythme à un long-métrage qui en manquait sérieusement.
Tout n’est pourtant pas parfait dans ce final, les retournements de situation étant un peu tirés par les cheveux, quelques grossières incohérences s’invitant même au passage, mais l’étincelle est suffisante pour améliorer le rendu général du film.

Noomi Rapace ne semble pas être vraiment à sa place dans cette histoire, le glamour et la séduction n’étant a priori pas ses plus grandes qualités.
Rachel Mac Adams apporte un peu de fantaisie au film, livrant une prestation très réussie, en composant un personnage assez marquant.

Passion est un film très inégal, ennuyeux, laborieux, à l’enjeu trop lent à se dessiner pour captiver.
Un résultat très moyen pour un tout-petit de Palma et un thriller qu’on aurait aimé plus osé et surtout plus rythmé.

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5 réflexions au sujet de « Mini-critique de Passion »

  1. Je ne te rejoins pas vraiment, car pour moi la première partie n’est qu’une longue introduction – comme tu as pu le lire dans ma critique – à tout un film-somme. Cela nécessitait une préparation, pour mieux créer la surprise. Après, que tu ne juges pas la seconde partie très bonne ne peut évidemment pas sauver ton jugement final…

  2. Je sors du cinéma et peux te dire que je ne suis pas complètement d’accord avec toi. Passion est un le titre/thème principal du film sans réellement l’être. Le réalisateur se sert de la Passion et de chantier battu pour apporter le spectateur vers quelque chose de beaucoup plus mystérieux et angoissant. Si tu rentre convenablement dans le film et que la première partie ta permis de comprendre réellement qui sont ces personnages caricaturaux, mais intriguants. Tu pourras par la suite monter en pression pour finalement exploser avec la double scène finale qui peut être choquante à cause de cette tension qui monte.

  3. Je suis plutôt de l’avis des premiers commentateurs. De Palma renoue une fois de plus avec sa problématique des images mensongères, développe son thriller avec tous les codes artificiels du genre tout en manipulant le spectateur et le perdant dans une suite de vraies-fausses mises en abyme (plus proches de « Mulholland drive » que de « Basic instinct » me semble-t-il, même si les deux renvoient inévitablement à Hitch). L’alibi en split-screen est incontestablement un des plus beaux moments du film. Reste le thème principal qui consiste à brosser un portrait au vitriol du monde de la pub, superficiel et toxique s’il en est. Il manque à tout ça le ton ironique d’antan, qui le rendait plus caustique.

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