Critique de Jappeloup

Jappeloup est un film écrit et interprété par Guillaume Canet, mais réalisé par…Christian Duguay, ancien membre de l’équipe d’équitation du Canada.

Note du film: 7/10

L’histoire est celle de Pierre Durand, passionné d’équitation, qui abandonne les compétitions d’équitation pour devenir avocat.
Il sera rattrapé par sa passion et reprendra le chemin des écuries, sous prétexte de faire plaisir à son père, qui lui avait mis le pied à l’étrier dans sa jeunesse.
Il lui faudra alors dompter Jappeloup, cheval prometteur mais difficile à gérer et à la petite taille, pour s’imposer.

L’histoire ressemble à s’y méprendre à celle du scénariste, qui avait participé à des compétitions d’équitation, grâce à son père, avant d’abandonner pour devenir comédien. C’est ce qui explique sans doute pourquoi ce film réussit à nous prendre aux tripes grâce au parcours de Pierre Durand, incarné par un Guillaume Canet très concerné, mais aussi grâce à la justesse des relations familiales décrites.
La grande force du film viendra en effet du contexte familial très crédible crée autour de Guillaume Canet et de Daniel Auteuil, son père à l’écran.
La relation père-fils, entre un Canet adepte du mutisme et du visage fermé, peu ouvert au dialogue et un Daniel Auteuil au contraire ouvert et habile dans la communication, est admirable.
Si Daniel Auteul ne livre sans doute pas la meilleure prestation de sa carrière, grâce à l’écriture intelligente de son personnage et à son expérience, son personnage se révèle extrêmement vrai et touchant.
On peut imaginer que le fait que Guillaume Canet ait vécu une jeunesse similaire à celle de Pierre Durand, telle qu’elle est décrite à l’écran, l’ait inspiré pour l’interprétation de son personnage.

L’émotion est le maître-mot de ce film, qui sait attendrir ou créer une tension palpable lors des compétitions.
Comme Spielberg l’avait réussi pour Cheval de guerre, Duguay réussit à rendre Jappeloup très attachant et même irrésistible par moments.
La relation qui unit Jappeloup à Raphaëlle, interprétée par la magnifique et très juste Lou de Laâge, constitue le ciment du film. A la fois vecteur d’émotion et d’amour, ce sera aussi l’élément déclencheur de l’histoire.

La construction du scénario est suffisamment intelligente pour qu’aucun personnage ne soit négligé. Résultat: un parfait équilibre et un rôle important pour chacun dans le déroulement de l’histoire.
Si le parcours de Pierre Durand se prêtait effectivement très bien à la narration, comme en témoigne le roman Crin Noir (écrit par Karine Devilder, belle-soeur de Durand), le travail de Guillaume Canet en qualité de scénariste est ici admirable, tant le résultat est probant à l’écran.
A défaut de créer la surprise, parce que tout ce qui advient aux personnages est prévisible, il crée une émotion vraie et un enjeu palpable.

Christian Duguay, réalisateur de L’art de la guerre (avec Wesley Snipes) ou de Planète Hurlante, était cantonné depuis plusieurs années à des téléfilms.
Il se révèle ici très à l’aise, multipliant les plans ingénieux et les angles judicieux.
S’il abuse parfois un peu trop du ralenti, sa mise en scène est très bonne et participe au succès de l’entreprise.

Guillaume Canet, qu’on aurait bien imaginé réaliser ce film, joue à la perfection un rôle taillé sur-mesure. Il incarne réellement un personnage qu’il a vécu en partie et crée une empathie presque immédiate, malgré un personnage parfois antipathique et que l’on voit commettre des erreurs auxquelles on pense avoir des solutions.

Lou de Laâge interprète sans doute le rôle clef du film, puisqu’elle est la fille du premier propriétaire de Jappeloup, celle qui le soignera et constituera le lien affectif du cheval.
La jeune actrice parvient à créer une relation admirable avec le cheval, à laquelle on croit tout de suite. Intense et toujours juste, son jeu est parfait.
Son duo de lèvres magnifique et son visage angélique ne viendront forcément pas gâcher cette prestation marquante.

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Impossible de ne pas évoquer la beauté du cheval qui incarne Jappeloup à l’écran, magnifique et attachant. Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce cheval est, comme dans le film de Spielberg, un personnage à part entière du film, auquel il est très facile de s’attacher.

Jappeloup est donc un film très réussi, qui n’a d’handicap que le prévisibilité des évènements qui s’enchaînent à l’écran. Un Canet impérial et une émotion présente de bout en bout permettent à ce long-métrage d’être attrayant et de conquérir le coeur du spectateur.Ce ne sera certes pas le film de l’année ni un modèle cinématographique, mais un moment très agréable et émouvant à vivre.

A voir, si possible en salles.

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3 réflexions au sujet de « Critique de Jappeloup »

  1. Parfait, j’ai hâte de le voir samedi prochain ! Dès qu’un film français parle d’équitation, il y a bien sûr Marina Hands ! 🙂

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