Mini-critique: Promised Land

16 ans après Good Will Hunting, Gus Van Sant et Matt Damon se réunissent de nouveau, associant leurs talents de scénariste, de réalisateur et de producteurs pour Promised Land, dans lequel Matt Damon incarne aussi le rôle principal, aux côtés de Frances Mac Dormand.

Note du film: 5,5/10

Steve Butler travaille pour une importante firme de gaz naturel, qui tente de s’accaparer les ressources naturelles de petites villes en difficulté.
Notre VRP de luxe va se retrouver confronté à des difficultés inédites quand un mystérieux activiste écologiste tentera de dresser la population locale contre la firme que représente Steve.

Promised Land s’inscrit dans un genre de films à la mode outre-atlantique, à connotation sociale et visant à dénoncer les pratiques moralement condamnables de puissants groupes face au citoyen lambda.
George Clonney s’était déjà essayé au genre il y a peu en prenant l’avion pour licencier des gens chaque jour dans In the air, film nettement plus réussi que ce Promised Land.

La première partie du film est assez touchante et déstabilisante, lorsqu’on observe Steve Butler (Matt Damon) tenter de convaincre les habitants de la petite ville, presque un par un, que l’extraction du gaz leur rapportera beaucoup d’argent, tout en devinant les fissures dans sa propre carapace. Habile orateur et négociateur malin, on imagine facilement que ce personnage est partagé en deux, entre un héritage familial et culturel le rapprochant davantage des gens qu’il manipule et un avenir professionnel radieux mais impliquant des manoeuvres moralement délicates.
La dualité de ce personnage est très intéressante dans la première partie de l’histoire, fort bien écrite, puisqu’on s’attache à Steve tout en s’interrogeant sur le bien-fondé de sa ligne de conduite.

Malheureusement, le récit contient un twist plutôt intéressant, mais qui entraînera un revirement trop abrupt dans le comportement du héros, par ailleurs beaucoup trop prévisible, une fois le pot aux roses dévoilé.

Gus Van Sant ne réussit donc son film qu’à moitié, se laissant entraîner par une morale beaucoup trop attendue. Le personnage de Steve Butler subit une évolution beaucoup trop accélérée dans le dernier tiers du film, d’autant que le ton de l’histoire laissait clairement à deviner de son issue et du comportement du héros.

Il n’en reste pas moins que Van Sant maîtrise tout de même sa mise en scène, nous plongeant avec réussite dans l’univers d’une petite ville sur le déclin et de ses habitants, plus vrais que nature.

Matt Damon joue sa partition de manière convaincante et on ne peut rien lui reprocher, si ce n’est que de multiplier ce genre de rôles un peu mou du genou (rappelez-vous We bought a zoo / Nouveau Départ). Sa performance dans le prochain Elysium (dont vous trouverez le lien vers le trailer dans la colonne de droite du blog) promet d’être bien plus excitante.

Promised Land ne tient donc pas toutes ses promesses, en livrant une fable écologico-sociale assez moyenne, handicapée par un dernier tiers maladroit, qui tue la beauté du film.

Pas besoin de vous ruer dans votre salle de cinéma favorite le jour de la sortie, un visionnage en vidéo suffira amplement.

N.B.: le nom du premier assistant du réalisateur vous surprendra peut-être à la lecture du générique de fin, puisqu’il s’agit de David Webb. Ce nom étant aussi le véritable nom de Jason Bourne, personnage interprété par Matt Damon, une petite vérification s’imposait. Il s’avère que ce n’est pas un alias mais bien le nom de David J. Webb, qui a travaillé sur de nombreux films depuis 1983 (dont Argo).

N.B. 2: à ne lire que si vous avez vu le film.
Le final de Promised Land ressemble dans sa construction à celui de Flight de Robert Zemeckis avec Denzel Washington, dans l’utilisation du concept de rédemption du héros.
Excepté que le ressort était mieux maîtrisé dans le film de Zemeckis.

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5 réflexions au sujet de « Mini-critique: Promised Land »

  1. Tu as été plus gentil que moi ^^ En plus de sa moral franchement prévisible, je trouve qu’elle tire beaucoup trop sur la ficelle des bons sentiments, et du coup le discours final, qui aurait pu être touchant, tombe complètement à plat. Il y a aussi cette trop grande volonté de faire du film une oeuvre grand public, avec cette histoire d’amour aussi prévisible qu’inutile. Bref très grosse déception de mon côté, j’ai pas été plus haut que 3/10 sur la note.

  2. D’accord avec vous : de la guimauve manichéenne orienté au parti pris visible. Je n’ai pas adhéré, comme je l’explique http://bit.ly/1cKhauA à cette fable écolo qui manque clairement de nuance. La mise en scène par contre est sublime, on reconnait la patte Gus Van Sant. Belle critique.

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