Mini-critique The Grandmaster

Wong Kar Wai aura mis plus de 3 ans pour boucler The Grandmaster, film relatant notamment la vie de IP Man, maître de Kung-Fu.

On retrouve au casting Tony Leung et Zihi Zhang.

 Note du film: indéterminée *

 Chine, 1936. Ip Man, maître légendaire de Wing Chun (un des divers styles de kung-fu) et futur mentor de Bruce Lee, mène une vie prospère à Foshan où il partage son temps entre sa famille et les arts-martiaux. C’est à ce moment que le Grand maître Baosen, à la tête de l’Ordre des Arts Martiaux Chinois, cherche son successeur. Pour sa cérémonie d’adieux, il se rend à Foshan, avec sa fille Gong Er, elle-même maître du style Ba Gua et la seule à connaître la figure mortelle des 64 mains. Lors de cette cérémonie, Ip Man affronte les grands maîtres du Sud et fait alors la connaissance de Gong Er en qui il trouve son égal. Très vite, l’admiration laisse place au désir et dévoile une histoire d’amour impossible…

Après une jolie escale américaine (My blueberry nights), le réalisateur de In the mood for love s’attaque aux arts martiaux, en tentant de livrer un film synthétique racontant la vie de IP Man et une histoire romantique sur fond historique.

Il faut tout d’abord reconnaître de (trop?) grandes qualités esthétiques à ce long-métrage, qui rendent le spectacle visuel éblouissant. Chaque plan semble pensé à la perfection, Wong Kar Wai fait preuve d’une minutie extrême quant au placement de ses personnages et dans leur mouvements au sein de décors magistraux.

Les scènes de combat sous la pluie et une séquence élégante sous la neige constitueront le point d’orgue de l’esthétisme poussé du film.

 

Wong Kar Wai est toutefois allé un peu trop loin dans sa recherche d’esthétisme, conférant parfois à son film une sensation de froideur et d’hermétisme.

Le rendu, trop tape à l’oeil et clinquant, en laissera beaucoup de marbre.

The Grandmaster mêle de façon assez maladroite trois genres au sein d’une histoire très brouillonne et difficile à suivre.

Mû par la volonté d’expliquer quelques pans de l’histoire du Kung-Fu à travers les représentants de divers styles, certaines scènes deviendront trop explicatives.

De la même façon, certains combats, pourtant très bien chorégraphiés, deviendront trop artificiels et l’illustration des différentes voies de l’art martial trop appuyée.

Je viens de rater mon train. Du coup, je ne suis pas très contente.
Je viens de rater mon train. Du coup, je ne suis pas très contente.

Wong Kar Wai échoue surtout à insérer une histoire d’amour impossible, ou plutôt rendue impossible par les choix des personnages, au sein d’un récit alambiqué et très spirituel.

Même constat quand il s’agit de dépeindre une fresque historique, dans laquelle on se perd en raison des sauts dans le temps, un peu trop nombreux et rendant le propos prétentieux.

Le montage du film, repensé en raison de la coupe d’un grand nombre de séquences et d’élimination de personnages importants, devient maladroit et The Grandmaster un patchwork quelque peu indigeste.

Wong Kar Wai prouve qu’il excelle dans l’art de la mise en scène, aidé par une photographie magnifique et des combats chorégraphiés à la perfection.

Il n’en livre pas moins un film brouillon, pompeux et à la narration maladroite.

*  Comme pour The Master de P.T. Anderson et To the wonder de T. Malick, difficile d’attribuer une note à ce film.

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3 réflexions au sujet de « Mini-critique The Grandmaster »

  1. J’ai remarqué que les films que j’adore, tu leurs donnent jamais de notes ^^ C’est pas étonnant au final, car on retrouve beaucoup de points communs entre To The Wonder et The Grandmaster. Ce sont deux films très contemplatifs qui font passer beaucoup de sous-entendus et émotions à travers les images. La beauté de l’image joue pour beaucoup dans l’émotion et si t’es pas touché par cela, tu peux rester de marbre fasse au scénario qui te paraît brouillon et simpliste.

  2. Effectivement les scènes de combat, la mise en scène, la lumière, tout ça est magistral (et pas trop tape à l’oeil j’ai trouvé). Le gros soucis c’est effectivement la narration et la froideur des personnages, y a pas (sauf à la fin peut être) d’émotions…

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