Mini-critique: Mohamed Dubois

Mohamed Dubois est la comédie improbable de la semaine, réalisée par Ernesto Ona, avec Eric Judor dans le rôle titre.

Note du film: 6/10

Arnaud Dubois est un fils à papa, vivant au Vésinet, employé de la banque familiale. La vie pourrait être un long fleuve tranquille, mais Arnaud, de teint mat, a des doutes quant à sa filiation. Il est en fait persuadé d’être le fils de Said, professeur de tennis. A la suite d’une dispute entre son père et Mustafa, un client de la banque, il décide de tout quitter, le cocon familial principalement, pour construire sa propre vie et ne plus rien devoir à personne. Il intègre rapidement le cercle de Mustafa, à l’intérieur duquel tout le monde le croit Arabe et prénommé Mohamed. Il tombe amoureux de Sabrina, la soeur de Mustafa, se persuade qu’il la séduira plus facilement si elle le croit musulman et s’enferme dans son mensonge.

Le synopsis pouvait laisser craindre une énième comédie française à tendance beauf et jouant au maximum sur les clichés et caricatures religieuses. La présence d’Eric Judor, pas forcément connu pour avoir été à l’affiche des comédies les plus fines, pouvait laisser le doute subsister.
Sans crier au génie ou même au film très réussi, force est de constater que cette comédie s’éloigne assez rapidement de la facilité et des gags attendus.
On n’évitera pas la construction balisée des comédies romantiques et des histoires moralisatrices, mais le propos restera assez subtil et la narration intelligente.

Le principal défaut du film sera bien sûr sa prévisibilité, presque inhérente au genre, mais la bonne tenue de son casting et une écriture loin d’être mauvaise, permet à ce Mohamed Dubois de s’en sortir avec les honneurs.

Tous les clichés ne seront pas évités, il faudra passer par quelques jeux de mots un peu tirés par les cheveux d’Eric Judor, par quelques quiproquos ou gags attendus, mais une certaine légèreté l’emportera, rendant ce long-métrage plaisant et amusant.
Luc Besson n’a sans doute pas participé à l’écriture du scénario, mais la police en prendra tout de même un peu pour son grade au passage, de manière assez gratuite. L’un des personnages principaux héritera d’un rôle de policier, opposition de style quelque peu maladroite et qui aurait sans doute pu nous être épargnée, la situation n’apportant pas grand chose à l’histoire.

L’histoire d’amour entre Arnaud et Sabrina se construira un peu trop rapidement pour qu’on puisse vraiment y croire, la soeur de Mustafa se jetant un peu vite dans les bras de son Prince Charmant. Dommage, parce que l’histoire reposait en grande partie sur cette relation, qui aurait méritée une mise en place plus poussée. Si l’on comprend bien les sentiments d’Arnaud, ceux de Sabrina paraîtront un peu trop artificiels en comparaison.

Mohamed Ali Dubois
Mohamed Ali Dubois

Eric Judor fait preuve de finesse dans son jeu, parvenant à conserver une certaine retenue, tout en utilisant ses célèbres mimiques et tirades prononcées du bout des lèvres à bon escient.
Il parvient à se montrer touchant et à rendre son personnage attachant.
Le film tire sans doute sa force de la prestation de l’acteur.

Mohamed Dubois est donc une comédie assez réussie, bien plus maligne qu’on aurait pu l’imaginer. Quelques grosses ficelles et défauts de construction la rendent tout de même un peu bancale et l’empêchent d’être vraiment bonne.
Le film vous permettra tout de même de passer un moment plaisant et de rire à plusieurs reprises. La vision en salles ne s’impose peut-être pas.

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