Mini-critique: Trance

Après avoir ébloui le monde entier avec la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques d’été à Londres, après avoir remporté pas moins de huit oscars pour Slumdog Millionaire, après avoir exploré un genre plus singulier avec 127 heures, Danny Boyle revient à un style caractéristique de son cinéma des années 90, pour son dernier film: Trance.

Note du film: 6/10

Entouré de James Mc Avoy, Vincent Cassel ou encore de la délicieuse Rosario Dawson, le réalisateur anglais rappelle son scénariste John Hodge, pour un film original et très stylisé.

Simon (Mc Avoy), commissaire-priseur, assiste au vol d’un tableau de grande valeur, lors d’une vente aux enchères. Il reçoit un violent coup à la tête asséné par Franck (Cassel), en voulant protéger l’oeuvre et devient amnésique. Le plan de Franck se complique lorsqu’il se rend compte qu’il n’a en fin de compte dérobé que le cadre du tableau, la toile ayant été subtilisée par Simon. Franck menace alors le commissaire-priseur et décide de faire appel à un hypnotiseur pour aider Simon à se souvenir de l’endroit où il a caché le fameux tableau. Le choix se porte sur Elisabeth (Dawson), une femme aussi séduisante qu’ambiguë et mystérieuse.

Danny Boyle est un cinéaste atypique, n’hésitant pas à se renouveler et à passer de genre en genre pour chacun de ses films. Après les très réussis Slumdog Millionaire et 127 heures, il se tourne de nouveau vers le scénariste de Trainspotting et de Petits meurtres entre amis, pour élaborer un film noir, mélange de thriller et de film de casse.

Danny Boyle réussit ici un film de toute beauté sur le plan visuel et en termes de mise en scène, avec une gestion toujours aussi bluffante de la palette de couleurs utilisée.

Le réalisateur utilise également à plein le potentiel de son trio d’acteurs principal, jouant sur la personnalité et le physique menaçants de Vincent Cassel sans que l’acteur ait besoin de surjouer, ou sur la beauté vénéneuse de Rosario Dawson, plus sexy et magnétique que jamais.

Mc Avoy prouve une nouvelle fois, après sa performance remarquable dans X-Men First Class, qu’il peut hausser son niveau de jeu de façon surprenante, quand il est bien dirigé.

Tous ces ingrédients auraient pu donner naissance à un thriller psychologique impressionnant de maîtrise et de style, si le scénario avait été totalement à la hauteur.

Seulement voilà, si l’idée de l’utilisation du concept de l’hypnose et des pouvoirs de suggestion était très intéressante, la construction du film s’avère quelque peu maladroite, avec un découpage en trois actes trop visibles.

Trop d’informations sont données dans les scènes suivant le réveil de Simon et un spectateur aguerri pourra deviner qui tire vraiment les ficelles et anticiper ainsi un twist un peu tardif.

C’est d’autant plus regrettable que cet écueil aurait pu être évité si une ou deux explications trop détaillées avaient été évitées dans le premier tiers du film.

Le jeu psychologique entre les trois personnages reste pour autant de bonne facture, Danny Boyle étant à l’aise pour jouer avec les tensions et les faux-semblant.

On pourra enfin reprocher à Boyle un dernier tiers trop explicatif et long, surtout pour les spectateurs qui ne seront pas surpris par le coup de théâtre…

Le choix de la bande sonore du film contribuera à lui donner une couleur et un style particuliers, grâce à une sélection d’excellents morceaux, de genres différents.

Danny Boyle ne réussit finalement son pari qu’à moitié, en livrant un film très beau, prenant et faisant la part belle à trois acteurs brillants, mais gâche un peu le spectacle avec une construction quelque peu maladroite.

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4 réflexions au sujet de « Mini-critique: Trance »

  1. Hey,
    Tu as peut être lu ma critique donc j’pense que tu sais que j’ai un peu plus aimé, notamment le « twist » qui m’a plus emballé et bluffé, mais ta critique est très bien !!!! Bien rédigée, on sent que tu maîtrises le sujet Boyle.

    A bient’

  2. On va encore pas être copain ! Je suis d’accord avec toi sur tous les points positifs que tu cites, mais on ne peut pas dire que la construction est maladroite. Le film est prévisible au possible, j’avais deviné la fin au bout de 20 minutes, mais j’ai pris un malin plaisir à me poser des questions et à me remettre en question grâce à cette construction. On revient sans cesse en arrière pour nous offrir un peu plus de détails et c’est au final ce qui est excitant et gratifiant même si on avait déjà deviné le fin mot de l’histoire. En tout cas bonne critique tout de même 😉

  3. jolie chro pour un film que j’ai malheureusement loupé… mais j’espère que mon ciné va finir par le diffuser. Ils ont bien mis 21 jours pour enfin proposer le remake d’Evil Dead !

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