Critique: Mama

Mama, projet ayant vu le jour grâce à Guillermo del Toro (producteur) est un film réalisé par l’Argentin Andres Muschietti, bénéficiant d’une certaine notoriété depuis quelques mois et principalement son sacre au festival de Gérardmer cet hiver.

Précédé d’une réputation flatteuse et d’un buzz très positif, Mama est-il à la hauteur de sa réputation?

D’emblée, la réponse est non, ce film s’avérant assez moyen et, tout comme son prédécesseur  au palmarès de Gérardmer, Babycall, on pourra être surpris par cette distinction. *

Note du film: 5/10

Victoria et Lily sont kidnappées par leur propre père, qui vient d’assassiner sa femme et des collègues de travail. Les trois membres de la famille échouent, après un accident de voiture, dans une cabane dans les bois. Alors que le père s’apprête à tuer l’aînée de ses filles, une présence mystérieuse l’en empêche et il disparaît. Les deux fillettes vont alors se retrouver livrées à elle-même pendant cinq ans, avant d’être retrouvées. Leur oncle et sa compagne Annabel les recueillent, alors qu’elles vivaient à l’état sauvage. Suivies par un psychiatre, elles réapprennent petit à petit à se socialiser puis s’installent dans une maison avec leur oncle et Annabel, réticente à cette idée et peu à l’aise avec les enfants. Les deux soeurs évoquent régulièrement une mystérieuse Mama, qui se manifestera rapidement à l’écran comme un spectre.

Mama s’inscrit dans la lignée des films de fantômes classiques et ne proposera rien d’innovant ni de follement original. La faute en premier lieu à un scénario assez pauvre et construit autour d’un court-métrage de trois minutes réalisé en 2008 (Mamá), repéré par Guillermo del Toro himself. Le réalisateur Mexicain l’avait jugé suffisamment effrayant pour avoir envie de produire un long-métrage autour du concept. Ce n’est toutefois par l’avis de votre serviteur, le court se révélant d’une banalité exemplaire et prêtant plus au sourire qu’au frémissement, lors de l’apparition de la fameuse Mamá. Mais jugez par vous-même, en cliquant sur la vidéo ci-dessous.

 

Le film se base sur un scénario beaucoup trop basique, ne réservant pas l’ombre d’un twist et se focalisant davantage sur le personnage d’Annabel, jouée par une Jessica Chastain très en vue depuis plusieurs mois et notamment sa nomination aux Oscars cette année pour sa prestation dans Zero Dark Thirty (pas forcément méritée, au passage). En opposant les caractères de Mama, fantôme d’une femme en quête d’accomplissement du devoir maternel et d’Annabel, manquant de maturité et d’aisance avec les enfants, on obtient un film presque dénué d’intérêt.

En effet, le personnage de Mama passe presque au second plan, d’autant qu’il n’est pas suffisamment creusé, qu’on n’apprendra pas beaucoup à son sujet et que ses motivations seront assez limitées, simples et peu intéressantes.

De la même façon, le personnage de l’oncle se retrouvera sacrifié à mi-parcours, au profit de celui de Jessica Chastain.

Ce choix de scénario et de traitement des personnages s’explique sans doute par le fait qu’il fallait recentrer l’action autour de Chastain, supposée bankable.

A l’arrivée, le spectateur subira un personnage peu intéressant, son évolution étant attendue et peu excitante, d’autant qu’on pourra avoir un peu de mal à voir en Chastain la bassiste rock gothique qu’elle incarne.

Second écueil du film: l’absence de frissons. Muschietti échoue à créer une ambiance effrayante et abuse du procédé décidément à la mode du jump scare, déjà déploré dans le remake récent d’Evil Dead.

Muschietti abuse également des effets sonores se substituant maladroitement à l’image qui devrait effrayer, provoquant artificiellement un sursaut chez le spectateur.

On avait également déploré ce défaut dans le sympathique Sinister.

Si Mama ne se révèle donc pas à la hauteur d’un vrai bon film d’épouvante ou fantastique, il n’est tout de même pas mauvais, mais tout juste moyen.

A son crédit, le film ne provoque pas d’ennui particulier, Muschietti ayant réussi à insuffler un certain rythme.

Le réalisateur Argentin prouve également qu’il sait manier sa caméra, sans doute ce que del Toro avait repéré chez lui (même si cette qualité ne sautait pas forcément aux yeux à la vision du court-métrage).

Il ménage assez bien les apparitions de Mama à l’écran, faisant preuve d’une certaine habileté dans leur rythme.

Non, ne me filmez pas, je sors du lit, je ne suis pas maquilée
Non, ne me filmez pas, je sors du lit, je ne suis pas maquillée

Jessica Chastain, qui se révèle être l’héroïne de l’histoire, bénéficie d’un traitement de faveur, mais se révèle juste efficace, sans plus, affublée d’un look ressemblant davantage à un déguisement.

A noter que les deux enfants, correctes, ne font pas d’étincelles non plus, la plus petite d’entre elles se révélant même plutôt assez agaçante, même si on peut estimer que c’est sans doute  la faute à l’écriture de son personnage.

Mama n’est donc clairement pas à la hauteur des espérances suscitées par son grand prix au festival de Gérardmer. Il se révèle tout juste moyen, mais pourra éventuellement combler 1h40 de creux dans votre vie.

 

* A noter que Baby Call est un lauréat d’autant plus surprenant du festival du film fantastique de Gérardmer, qu’il ne constitue en rien un film fantastique….

She's over bored and self assured Oh no, I know a dirty word Hello, hello, hello, how low?
She’s over bored and self assured
Oh no, I know a dirty word
Hello, hello, hello, how low?

 

 

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3 réflexions au sujet de « Critique: Mama »

  1. Entièrement d’accord avec toi! Si ce n’est que j’aurai parlé des effets spéciaux, absolument honteux…

  2. Ping: Index -

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