Saga Fast And Furious

A quelques jours de la sortie de Fast and Furious 6, c’était l’occasion rêvée de revenir sur la franchise mettant en vedette Vin Diesel et Paul Walker.

2001, The Fast And The Furious

Le grand blond avec son pote chauve
Où est le mec qui a tâché ton beau T-Shirt blanc?

The Fast and The Furious, réalisé par Rob Cohen sort en 2001. Fort d’un budget de 38 millions seulement, les studios étaient sans doute loin d’imaginer qu’ils tenaient là une poule aux oeufs d’or et qu’ils étaient en train de poser la première pierre à l’édifice d’une franchise très rentable.

Le film rapportera 207 millions au total dont 144 sur le sol américain.

Le concept est simple, c’est en effet celui d’un agent infiltré qui se prend de sympathie pour ceux qu’il doit piéger et qui doit faire un choix moral.

Du déjà-vu donc, puisqu’un certain Point Break était déjà passé par là.

Paul Walker interprète Brian, l’agent du FBI qui infiltre le réseau de braqueurs de poids lourds mené par Dominic Torreto (Dom), joué par Vin Diesel.

Amateurs de voitures de course, les deux vont s’entendre assez rapidement et on aura parfois du mal à discerner en quoi Brian est si différent de Dom et ce sera l’enjeu principal du film, assez intéressant au demeurant.

L’originalité du film est d’une part le milieu dans lequel se déroule l’action, puisqu’on se retrouve plongés au coeur des courses automobiles urbaines illégales, peuplées de bolides tunés tous plus impressionnants les uns que les autres et qui rappelleront rapidement aux gamers le jeu Gran Turismo…auquel quelques personnages joueront d’ailleurs, ce qui tendrait à prouver la référence directe.

La seconde originalité est de ne dévoiler l’identité de Brian en qualité d’agent du F.B.I. qu’au bout d’une bonne demi-heure de film, créant de manière plus prononcée l’ambiguïté sur son personnage, souvent sur le fil du rasoir.

Les scènes d’action, matérialisées par des poursuites ou des courses automobiles principalement, sont particulièrement réussies, même si Rob Cohen, honnête faiseur Hollwoodien, ne réalisera pas de miracle particulier.

Il n’en reste pas moins que malgré le rendu aujourd’hui un peu daté de certaines séquences (les ralentis en particulier), le film reste plaisant et assez excitant visuellement.

Vin Diesel et Paul Walker forment un parfait duo à l’écran, durs et badass quand il le faut, jouant de leurs physiques comme de leur charisme de manière appropriée.

Michelle Rodriguez jouit d’un personnage un peu trop caricatural dans ce premier volet, l’empêchant de briller.

The Fast and The Furious est un bon film, mettant en place un univers intéressant et plaisant. Ce ne sera pas une référence absolue du genre mais un honnête divertissement, qu’on regardera régulièrement avec plaisir.

A noter que l’édition blu-ray est fabuleuse, l’image bénéficiant d’un traitement excellent.

La piste son en DTS-HD Master Audio est l’une des plus réussies à ce jour, la spatialisation étant parfaitement réussie et d’un équilibre rare.

Un blu-ray démo.

2003: 2 Fast 2 Furious

Si seulement nos carrières avaient pu démarrer aussi vite que cette caisse...
Je sais même rouler sur deux roues, mec. Comme James Bond. 

Ce film est un exemple parfait de tout ce qu’il ne faut pas faire avec une sequel.

On prend les ingrédients les plus racoleurs (les voitures tunées, les courses de rue, les filles) on joue la carte de la surenchère.

On reprend une histoire d’infiltration et on colle le héros du premier volet au beau milieu, accompagné d’un side-kick (Rome, joué par Tyrese Gibson).

A l’arrivée, on obtient le plus mauvais épisode de la franchise, handicapé par un scénario très pauvre, des personnages caricaturaux (les sbires du méchant, Eva Mendes, Tyrese Gibson) et que rien n’arrive à sauver à part le personnage de Brian, auquel on s’est attachés.

John Singleton réalise un film plus mauvais que la moyenne, bancal et outrancier, en ne reprenant que les clichés véhiculés par le premier opus. Il oublie d’apporter la moindre idée originale au long-métrage, qui ne comportera pas même un rebondissement intéressant.

Les poursuites sont plutôt bien organisées, les effets sympathiques, sans être pour autant impressionnants ou éblouissants.

Singleton tombe même dans la facilité de cascades beaucoup trop exagérées. Si dans le premier opus Dom et Brian franchissaient un passage à niveau à quelques centimètres d’un train, ici Brian et Rome feront atterrir une voiture sur un bateau, sans utiliser de tremplin.

Une autre cascade verra la voiture de Brian s’envoler au-dessus d’une autre grâce à un pont incliné…

Le seul élément intéressant du film sera en définitive le personnage de Brian, qui continue de glisser vers le côté obscur.

Excepté cela, rien de mémorable, à part les qualités techniques du blu-ray, aussi exceptionnelles que celles du premier opus.

Doté d’un budget de 76 millions (deux fois plus que le premier volet) le film rapportera 236 millions dont 127 rien que sur le sol américain.

La franchise est véritablement lancée.

2006: Tokyo Drift

Tiens, je te donne un post-it: c'est le scénario complet.
Je te donne un post-it: il contient le scénario complet.

En 2006, la franchise prend un virage et fait même un drift en recrutant Justin Lin en tant que réalisateur.

Exit Paul Walker, on fait un saut (indéterminé) dans le temps pour suivre les aventures de Sean, joué par Lucas Black, jeune adolescent difficile, amoureux des jolies filles et des courses de voitures tunées. Il est contraint de rejoindre le Japon, où il se laissera embarquer dans affaires pas très fines de Yakusa et …de courses de voiture.

Justin Lin parvient à renouveler presque totalement la saga, en lui donnant un ton et un visage plus jeunes et en l’expatriant au pays du soleil levant.

Ce film, qui s’apparente à une transition avant le retour du cast original, comporte certes de nombreux défauts, mais également un renouveau visuel et une fraîcheur agréables.

Les défauts sont essentiellement dus à un scénario assez pauvre et handicapé par de nombreux clichés et quelques grosses incohérences.

Le personnage du père de Sean étant le plus bancal possible, chacune de ses actions venant contredire sa phrase précédente.

Même constat pour le personnage interprété par Lil’ Bow Wow, dont on se demande comment il peut tirer autant de revenus de la revente d’ipods et de baskets…mais l’enthousiasme et le charme du comédien le rendent attachant.

Dans le même ordre d’idées, bon nombre de personnages secondaires (ou le méchant) de l’histoire sont caricaturaux au possible, conférant au film des airs de série B assez nets.

Il reste que Justin Lin fait preuve d’une maestria indénable dans sa mise en scène, dans l’utilisation des couleurs, des décors et des lumières de la ville, qu’il parvient à capter merveilleusement.

Tokyo Drift n’est pas un grand film, il comporte de nombreux défauts mais on prend du plaisir à suivre les aventures de ces teenagers un peu trop agités et trop riches.

Si la transition est bonne, on intégrera plus difficilement le fait que temporellement le film se situe après l’action des épisodes 4,5 et 6 (et sans doute 7 aussi). C’est le personnage de Han, qui assure le lien entre ces périodes, d’une façon un peu étrange.

Doté d’un budget de 85 millions de dollars, le film rapportera seulement 158 millions à travers le monde (et 62 sur le sol américain, soit moins que le budget initial).

Malgré cela, la saga continuera et Justin Lin tiendra fermement le volant.

2009: Fast and Furious

2009: le PACS débarque aux USA
2009: le PACS débarque aux USA

Mia Toretto: Maybe you’re lying to yourself. Maybe you’re not the good guy pretending to be the bad guy. Maybe you’re the bad guy pretending to be the good guy. Did you ever think about that?

Brian O’Conner: Every day.

En 2009, Justin Lin continue d’explorer la franchise Fast and Furious, avec un 4e volet un peu particulier, en ce qu’il marque le grand retour des acteurs emblématiques du film fondateur: Paul Walker, Michelle Rodriguez, Jordana Brewster et Vin Diesel (entraperçu à la fin de Tonkyo Drift). Sung Kang (Han) est le lien entre le 3e et le 4e film.

Dominic Toretto effectue son retour à Los Angeles, 5 ans après les faits relatés dans le premier opus.

C’est la mort de Letty (Michelle Rodriguez) qui l’amène à laisser de côté ses activités en Amérique du Sud (vol de camion citerne en plein trajet).

Dans le but de venger la mort de sa chère et tendre, Dom infiltre un cartel de drogue, en se faisant embaucher comme chauffeur / mule, l’assassin de Letty faisant partie de ce groupe.

Il tombe alors sur Brian, qui doit lui aussi infiltrer ce cartel pour le démanteler. Les rancunes du passé resurgissent, en même temps que les liens particuliers entre les deux hommes et Mia (la soeur de Toretto) réapparaissent.

Ce quatrième opus est une réussite, en ce qu’il parvient à réintégrer efficacement les personnages principaux de la saga, autour d’une histoire intéressante, incorporant une tension et un rythme très appréciables.

Les acteurs, manifestement comblés par ce retour qui pouvait surprendre, s’en donnent à coeur joie dans les scènes d’action, les punchlines parfois caricaturales mais amusantes.

Justin Lin maîtrise surtout l’action avec brio, à la fois dans les poursuites de voitures que dans les combats à mains nues et les cascades.

Le plaisir est presque instantané avec une superbe scène d’introduction, digne du premier film et plusieurs climax très efficaces au coeur du long-métrage.

A noter quelques clins d’oeil aux situations et répliques de la franchise:

Brian O’Conner: Ya know, I’ve been thinking, when you blew up your car, that means you blew up mine too.

Dominic Toretto: Yeah?

Brian O’Conner: Yeah, so now you owe me a 10 second car.

Doté d’un budget de 85 millions de dollars, le film en rapportera 363 à travers le monde, dont 155 aux Etats-Unis.

La voie état donc toute tracée vers le 5e opus de la saga.

2011: Fast Five

2011: Vin Diesel quitte Paul Walker pour Dwayne Johnson
2011: Vin Diesel quitte Paul Walker pour Dwayne Johnson. Les 2 hommes forment le « couple le plus sexy de l’année » selon le magazine FHM

En 2011, la saga Fast and Furious prend un nouveau virage, avec la même équipe que pour le précédent opus.

Exit Michelle Rodriguez, la franchise accueille The Rock et Elsa Pataky pour un épisode davantage orienté pop-corn et action. On note également le retour de Tyrese Gibson et Ludacris.

Fast Five marque un tournant pour le personnage de Brian O’Conner, définitivement passé de l’autre côté de la barrière, après sa participation à l’évasion de Dominic Toretto. Il s’enfuit au Brésil, avec Mia, la soeur de Dom, chez Vince (qui marque lui aussi son retour). En manque d’argent, le couple accepte de participer à un vol de voitures en convoi, proposé par Vince. C’est à l’occasion de ce méfait qu’ils retrouveront Dom. L’opération tourne mal et ils se retrouvent confrontés à Hernan Reyes, grand patron de la mafia locale, campé par Joaquim de Almeida (le méchant de Danger Immédiat).

Pour se sortir de ce mauvais pas, Dom et Brian décident de dérober les 100 millions de dollars constituant la fortune de Reyes. Pour cela, ils feront appel à tous les anciens personnages de la saga:  principalement Han (Fast and Furious 3 et 4), Roman Pearce (2 Fast 2 Furious), Tej (2 Fast 2 Furious), Gisele (Fast and Furious 4) ou encore Tego et Rico (Fast and Furious 4).

Mais cette fois-ci, ils auront à leur trousse l’impitoyable Luke Hobbs, agent du FBI prêt à tout pour les arrêter.

Mêlant habilement les genres, Fast Five est un pur divertissement, à la fois film de casse et film d’action plein de testostérone. Plus encore, Justin Lin (qui en est ici à son 3e opus) maîtrise si bien son sujet qu’il parvient à offrir au spectateur ce qu’il était venu chercher. Il remplace les courses de rue par l’utilisation de voitures pour réaliser les casses, ajoute une grosse tête d’affiche (The Rock) promise à un face-à-face important avec Vin Diesel.

Le pari était risqué, mais Justin Lin se complique pourtant encore la tâche en faisant revenir tous les personnages emblématiques de la franchise.

Pour autant, le réalisateur parviendra efficacement à ses fins, livrant un film très bien rythmé, excitant et faisant la part belle à ses personnages, qui auront tous un vrai rôle dans l’histoire.

La seule ombre au tableau viendra de l’exagération énorme de certains aspects du scénario, ou encore des changements de camp des personnages, devenus certes une marque de fabrique de la saga, mais cette fois-ci beaucoup trop rapides.

Justin Lin assume pleinement ses choix, en poussant le concept à l’extrême dans un climax final plein de bravoure et d’inventivité. C’est on ne peut plus exagéré mais si bien maîtrisé que le plaisir l’emporte facilement et qu’on oublie les invraisemblances pour ne conserver que le côté fun de l’aventure.

De la même façon, les changements de camp des personnages permettent des alliances effrayantes et une énergie décuplée.

A condition d’accepter le genre et le côté pop-corn du film, ce spectacle 100% action peut procurer un grand plaisir.

Justin Lin réussit ce qu’avait raté John Singleton pour le second opus, à savoir verser dans la surenchère, pousser le concept de base à l’extrême, tout en apportant des nouveautés et un ton nouveau à la saga.

Justin Lin tirera sa révérence avec le 6e opus de la saga, promettant de passer un cap supplémentaire dans la surenchère.

Critique de Fast And Furious 6

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8 réflexions au sujet de « Saga Fast And Furious »

  1. excellent dossier !! il n’y a que le 2et le 3 que je n’ai pas vraiment accroché . surement parce que le cast d’origine est absent hormis paul walker pour le 2 …

  2. D’accord avec toi ^^ et excellent dossier soit y en passant. !!!
    Le 2 et le 3 m’ayant aussi beaucoup moins passionnés, ceci dit le troisième est intéressant grâce au drift et le coté exotique ^^ mais comme tu dis l’histoire ne suit absolument pas.

  3. Merci pour ce récapitulatif très complet !
    En fait je suis assez d’accord avec ce que tu dis, le seul problème étant que je ne suis pas fan de la saga et que chez moi les défauts l’emportent largement sur les rares qualités de ces films…

  4. Bon, alors ton dossier m’a donné envie de retenter l’aventure avec les volets 4/5/6. Je sais ça va à l’encontre de mon jugement d’hier soir sur Twitter, mais je me dis pourquoi pas lors d’une bonne soirée bière/pizza.

    Personnellement je n’avais apprécié que le premier et les 2 et 3 m’ont tellement dégouté que je n’ai pas percé plus loin. Mais si je comprend bien c’est un peu normal et les suivants retournent aux sources. Je vais donc retenter l’aventure 😉

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