Mini-critique: Les Reines Du Ring

Les Reines du Ring ne seront pas les Reines du Box-Office.

Mise en scène par Jean-Marc Rudnicki, cette comédie regroupe Marilou Berry (déjà à l’affiche ce mois-ci de l’amusant Joséphine), Nathalie Baye, Audrey Fleurot, Corinne Masiero, André Dussolier et Isabelle Nanty.

Rose (Marilou Berry) sort de prison et se fait engager comme caissière dans un supermarché, après avoir dissuadé l’une des employées de se jeter du toit de l’établissement.

Pour plaire à son fils, placé dans une famille d’accueil, Rose décide de se lancer dans le catch.

Elle convainc alors en deux temps trois mouvements ses collègues de travail de la rejoindre dans l’aventure, créant le désordre dans l’organisation du magasin.

Marilou Berry parviendra-t-elle à jouer la catcheuse badass mais tendre à l’intérieur? Récupèrera-t-elle son fils?

Nathalie Baye arrivera-t-elle à faire le grand écart et le triple salto arrière sans se briser les reins?

Audrey Fleurot trouvera-t-elle une excuse pour se trémousser et nous montrer ses fesses sans que ça ne paraisse incongru?

En moins de vingt minutes, le scénario regorge déjà d’incohérences: pourquoi Rose se fait-elle engager dans ce supermarché aussi rapidement?

Pourquoi des caissières dont l’âge moyen se situe autour de la quarantaine et qui ne pratiquent manifestement pas le sport (hormis l’une d’entre elles) acceptent-elles de se lancer dans le catch sur les conseils d’une ancienne détenue?

Pourquoi Richard Coeur de Lion (André Dussolier) trouve-t-il l’idée bonne d’entraîner ces femmes et de les inscrire à un combat de catch contre des professionnelles sans qu’elles ne disputent le moindre combat avant cela?

Il aura tout de même fallu réunir quatre scénaristes pour parvenir à un pompage en règle de la trame et des enjeux du film Real Steel, dans lequel Hugh Jackman tentait de conquérir son fils sur fond de tournois de boxe.

Excepté que le travail des scénaristes s’est limité à recopier le concept de base et en oubliant d’étoffer l’histoire. Nos apprentis sorciers n’auront pourtant pas oublié d’ajouter des raccourcis scénaristiques à toutes les scènes, ni de caricaturer les personnages au maximum.

Verdict: l’histoire est plate au possible, les rebondissements n’apportent aucune intensité et les évènements s’enchaînent sans transition, le scénario progressant de façon linéaire, en oubliant de créer une quelconque empathie envers des personnages qui resteront des coquilles vides du début à la fin.

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Un peu d’originalité et de légèreté dans la mise en scène aurait pu sauver le film de l’anonymat, mais là encore nos espoirs seront rapidement anéantis, au vu des piètres efforts déployés en la matière. Le film ressemble même à s’y méprendre à un téléfilm du lundi soir pour TF1. Les fautes de goût se multiplient (on pensera aux transitions entre les scènes, aux répliques balourdes, aux mauvais comiques de situation), les idées de plans originaux sont inexistantes, alors même que le contexte s’y prêtait.

Le comble du mauvais goût sera atteint lors de la scène de l’entrée sur le ring de Wonder Colette (Nathalie Baye), vêtue de la tenue de Wonder Woman et volant à la manière de Superman au-dessus du ring.

Si on pouvait s’interroger sur la qualité du C.V. de Jean-Marc Rudnicki avant ce film, le doute n’est maintenant plus permis: ses talents de cinéaste sont a priori limités.

Rappelons  qu’il était avant ce premier (et dernier?) long-métrage crédité en tant que réalisateur pour des séries TV telles que R.I.S. Police Scientifique ou en tant que scénariste pour Julie Lescaut. Ce qui donne une petite idée du niveau…

L’énergie, le charme et le second degré déployés par Audrey Fleurot (qui réussira à montrer ses fesses), la fougue et le talent de Marilou Berry ne suffiront pas à sauver ce film d’une médiocrité assez désespérante.

A noter qu’André Dussolier, probablement peu concerné par son personnage mal écrit, se contentera de crier de façon exagérée tout le long du film et de surjouer.

Nathalie Baye, complètement perdue avec un personnage bancal au possible, ne se montre pas à son avantage non plus dans cette comédie qui peine à amuser.

Manifestement bricolée à la va-vite, montée à la va-comme-je-te-pousse, cette comédie bâclée n’est pas le vent de fraîcheur vaguement espéré, mais apporte une preuve de plus que les comédies françaises sortent en trop grand nombre sur nos écrans chaque mois et qu’on privilégie manifestement la quantité plutôt que la qualité.

Note du film: 3/10

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6 réflexions au sujet de « Mini-critique: Les Reines Du Ring »

  1. Trop radicale ta critique, le film est genereux et bien servi par des acteurs competents et charismatiques. C est une comedie familiale, pas un concurrent a la palme. Dans son registre il est tres divertissant, et n a pas d autre pretention. Le cote telefilm, c est pas neuf dans la comedie francaise, mais les sequence de catch sont vraiment fun et dynamiques. Je valide ce projet estival, qui est un pied de nez aux blockbusters us comiques qui sont rarement plus droles (very bad shit 3…). C est juste une comedie, ca fait le job avec le coeur et ca se voit.

    1. +1
      Je suis allée hier soir, j’m bcp le catch et je me suis bien amusée
      Pas un vent, mais une brise de fraicheur 🙂

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