Mini-critique: Insaisissables

Insaisissables, traduction approximative de Now You See Me est le nouveau film du frenchy Louis Leterrier, à la baguette de son troisième film Hollywoodien, après L’incroyable Hulk et Le Choc des Titans.

Une fois encore, Leterrier voit son film doté d’un casting conséquent. Après avoir dirigé Edward Norton, William Hurt, Tim Roth,  Mads Mikkelsen, Liam Neeson ou encore Ralph Fiennes, il hérite de Michael Caine, Morgan Freeman, Woody Harrelson, Mark Ruffalo et Mélanie Laurent, notamment.

Note du film: 5,5/10

Isla Fisher, Jesse Eisenberg, Dave Franco et Woody Harrelson campent des magiciens, manipulateurs, voleurs et un peu losers sur les bords, amenés à se réunir pour former le groupe des Quatre Cavaliers. Ils montent alors un show à Las Vegas, à l’occasion duquel le tour consiste finalement à dérober l’argent d’une banque… à Paris. Le FBI et Interpol s’unissent alors (Mark Ruffalo et Mélanie Laurent) pour traquer ces magiciens braqueurs, en prenant conseil auprès d’un spécialiste en la matière, joué par Morgan Freeman.

Le film peine dès le départ à convaincre avec une installation rapide, sommaire et caricaturale des personnages principaux. Les évènements s’enchaînent ensuite trop rapidement pour déboucher sur les spectacles de magie. Si le rendu visuel et l’utilisation des effets spéciaux est saisissant (vous noterez le choix judicieux de l’adjectif), il n’en sera pas de même des effets de caméra de Louis Leterrier, pris d’une frénésie de mouvements. Le français n’hésite pas à faire tournoyer sa caméra de toutes les façons possibles et imaginables, pendant près d’une demi-heure. L’effet de style se révèle vain et rapidement désagréable.

Le second écueil de ce thriller magique résidera dans son mode de narration, de plus en plus brouillon au fur et à mesure de la progression d’une intrigue alambiquée et qui se complique maladroitement.

Si l’histoire était plutôt prenante et intéressante dans le premier tiers du film, elle deviendra éprouvante et quelque peu bancale sur la fin. On pourrait même penser que le scénario est aussi solide qu’un château de cartes…

Malgré ces défauts assez nets, Insaisissables parvient à divertir et même par moments à amuser, si on parvient à oublier les multiples vannes sur la France et ses habitants durant le court passage à Paris.

Leterrier possède indiscutablement le sens de l’entertainment, comme il l’avait déjà prouvé lors de ses précédents films. Capable de créer un univers original et une ambiance propre, il livre somme toute un travail de faiseur honnête.

Côté casting, on notera que Woody Harrelson, décidément capable de s’illustrer là où on ne l’attendait pas, tire son épingle du jeu, avec un personnage assez tranchant.

Morgan Freeman ne semble passer par là que pour prendre un chèque.

Michael Caine ne réalise sans doute pas non plus la performance la plus marquante de sa carrière, même si sa prestation n’est pas honteuse.

On remarquera la générosité d’Isla Fisher, qui brille autant par son charme que par sa présence.

Jesse Eisenberg livre le même numéro d’acteur surcoté qu’à son habitude, en nous livrant sa diarrhée verbale habituelle.

Non, vous ne rêvez pas, Jesse Eisenberg a bien la bouche fermée
Non, vous ne rêvez pas, Jesse Eisenberg a bien la bouche fermée

Dave Franco peine à exister dans un rôle assez quelconque.

Mélanie Laurent fait ce qu’elle peut avec un personnage beaucoup trop lisse…tout en baragouinant un anglais enrobé d’un accent prononcé.

Enfin Mark Ruffalo se montre plus séducteur et charmant que d’habitude et livre une prestation intéressante.

José Garcia complètera ce casting hétéroclite par un petit caméo.

Difficile de recommander chaudement ce film, qui laisse une impression assez semblable à celle laissée par Trance, de Danny Boyle.

Honnête et plaisant par moments, on oubliera ce tour de passe-passe visuel à peu près aussi vite qu’on l’aura vu.

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11 réflexions au sujet de « Mini-critique: Insaisissables »

  1. Alors que tu as été indulgent sur Wolverine, je le suis beaucoup plus que toi sur ce Insaisissables. Malgré quelques problèmes de casting, de réalisation ou de scénario, le film est un excellent divertissement grâce à un rythme soutenu, à une très bonne bande sonore et à une esthétique globale vraiment soignée. Un bon gros popcorn movie pour les vacances !

  2. « Insaisissables » ou l’art de l’esbroufe… C’est certes divertissant mais c’est tellement mal réalisé et mal monté que ça en devient fatiguant. Le film ne prend pas le temps de se poser et de caractériser ses personnages (surtout les 4 magiciens). Le thème des Robin des Bois modernes n’est même pas approfondi. C’est vraiment d’une grande paresse scénaristique. Ça aurait pu être génial si Leterrier ne traitait pas son sujet par dessus la jambe. Mélanie Laurent n’est pas du tout crédible (comme d’habitude) en agent d’Interpol et Mark Ruffalo a l’air malade. Par contre tu exagères un peu pour Morgan Freeman et Michael Caine. Ce sont les seuls que j’ai eu plaisir à voir à l’écran. Et on ne touche pas à Jesse Eisenberg !!! (acteur surcoté, non mais ça va pas bien ?)

  3. Je trouve Isla Fisher pas charmante pour deux sous.
    Et Mark Ruffalo n’a rien d’un séducteur. Il est même crado. Je plains la pauvre Mélanie qui doit l’embrasser.
    Par contre je trouve Jesse Eisenberg sexy et Morgan très classe.
    Les points de vue sont donc différents si on est une fille et un garçon 🙂

    Sinon, on est d’accord, sitôt vu, sitôt oublié. Mais bien décevant quand même.

    Ah oui au fait, j’ai une pote qui est prof d’anglais et qui voit rouge quand elle voit « loser » avec deux oo. Loser n’a qu’un o !

  4. Divertissant et en même temps je n’ai pas trouvé de réél intérêt…
    Les tours de magie étaient corrects, les acteurs jouaient bien, les flics sont inutiles comme d’habitude mais dès qu’ils ont parlé d’une ancienne affaire, j’ai tout de suite compris où irait l’histoire…
    Malheureusement à ce stade le twist final n’en était plus un.
    Je ne me suis pas trop ennuyé mais j’aurais pu attendre de voir sa diffusion à la télé.

  5. Le français n’hésite pas à faire tournoyer sa caméra de toutes les façons possibles et imaginables, pendant près d’une demi-heure. L’effet de style se révèle vain et rapidement désagréable.

    -> Tu pointes du doigt un gros défaut du film pour moi. C’est quoi ce style qui n’en est pas un ?

    Un divertissement assez futile, qui se donne l’impression d’être plus complexe qu’il n’est.

  6. J’ai vraiment adhéré à ce film, à son rythme, à son casting, à ses effets spéciaux ce qui m’a fait minimiser ses quelques défauts 🙂

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