Luther

Luther fait partie de ce genre de séries capable de vous fasciner en l’espace d’un ou deux épisodes seulement.

Créee et écrite par Neil Cross (MI-5, scénariste sur Doctor Who en 2013, de Mama au cinéma), Luther est une série anglaise, mettant en vedette Idris Elba, qu’on retrouve depuis quelques années à l’affiche de blockbusters attendus (Thor, Prometheus, Pacific Rim notamment).

John Luther est un Detective Chief Inspector dans la police londonienne, quelque peu tourmenté, aux méthodes border-line. Doté d’un fort tempérament et suivant ses instincts, il ne fait pas l’unanimité dans les services de police, ce qui l’amènera à se mettre à dos quelques membres de l’institution.

Sans doute aidé par le talent et la personnalité d’Idris Elba, qui avait déjà brillé dans la série The Wire au début des années 2000, le show tire toute sa force d’un personnage principal charismatique et pour lequel le spectateur ressentira immédiatement de l’empathie, quitte à lui pardonner certaines grosses erreurs.

Au fond du trou quand on fait sa connaissance, quitté par sa femme, miné par les conséquences d’un acte qu’on découvre lors de la première scène, John Luther, avec sa personnalité et ses faiblesses, sait se faire aimer en quelques minutes.

Luther conservera ses blessures et ses faiblesses tout au long des épisodes, en même temps qu’il fera la démonstration d’une force de caractère impressionnante. L’écriture de ce personnage, souvent en difficulté, agissant parfois contre son intérêt dans un mélange de sadochisme et de volonté de venir en aide à son prochain, coûte que coûte, se révèlera brillante.

Les deux premières saisons bénéficient de l’écriture d’un scénario parfait, mettant en place des personnages très bien dessinés, forts et attachants ou fascinants. Les intrigues, parfois machiavéliques ou empreintes d’une violence plutôt rare pour le petit écran, s’enchaînent parfaitement. Chaque épisode bénéficie d’une story-line, mettant souvent en avant un nouveau serial-killer ou un nouvel ennemi que Luther devra combattre. A partir d’une base presque classique, le scénario installe l’air de rien des personnages importants dans l’univers de la série, comme celui d’Alice Morgan, cette psychopathe si atypique qu’elle parviendra à nouer une étrange relation avec John Luther lui-même. Faut-il voir dans son patronyme un clin d’oeil à Dexter?

Les personnages évoluent, changent de camp, se dressent contre Luther ou deviennent ses plus fidèles alliés sans qu’on puisse le deviner à l’avance.

Tout le génie de l’écriture de la série vient de la personnalité, de l’évolution des personnages et de leurs rapports entre eux.

La construction de l’intrigue devient de plus en plus originale, il faudra attendre la troisième saison pour être quelque peu rompu à ses codes et être capable d’anticiper un rebondissement ou le retour d’un personnage clé.

John Luther trimballe ses démons d’épisode en épisode, de saison en saison, le phénomène se matérialisant à l’écran par des personnages qui deviennent récurrents, contre toute attente. Qu’ils s’attachent, admirent ou aient envie de combattre John Luther, ils restent dans son univers.

On ne lâche pas John Luther comme ça.

Alice Morgan et Luther
Alice Morgan et Luther

A l’image de son héros, Luther est une série qu’on ne peut pas abandonner, une fois commencée.

La première saison, bâtie autour de 6 épisodes, crée le mythe Luther, en exposant brillamment les facettes les plus importantes de sa personnalité. L’intrigue, un peu comme pour Dexter, tournera beaucoup autour de son héros, tout en proposant un rythme soutenu.

La seconde saison, comptant 4 épisodes, fera la part belle aux méchants, proposant des idées que n’aurait pas renié le cinéma. Luther verra le nombre de ses ennemis se multiplier, l’amenant à commettre des erreurs importantes, le plaçant un peu plus en difficulté.

Enfin la troisième saison, composée elle aussi de 4 épisodes, voit la qualité du show retomber légèrement (il faut se souvenir que la barre avait été placée très haut) avant de proposer un ultime épisode tonitruant et réservant son lot de rebondissements.

Vous l’avez compris, Luther est une série à côté de laquelle il ne faut pas passer, d’une qualité et d’une personnalité rares.

On lui pardonnera ainsi quelques facilités, comme l’utilisation répétée de certains plans ou de décors. On pensera particulièrement à un immeuble, dans lequel habiteront tour à tour des témoins et des coupables au cours des trois saisons et qu’on reconnaîtra assez aisément.

Un peu à l’image de sa cousine Sherlock, cette série anglaise est brillante, bénéficie de qualités d’écriture exceptionnelles et est portée par des acteurs totalement investis.

Nikki Amuka-Bird (Erin Gray)
Nikki Amuka-Bird (Erin Gray)

A côté d’Idris Elba, magnifique et animal, on notera la performance très juste de Warren Brown (Ripley, le second de Luther).

Ruth Wilson (Alice Morgan) interprète avec beaucoup d’originalité l’un des personnages les plus marquants de la série.

On notera également la belle prestation de la fiévreuse Nikki Amuka-Bird, qui interprète le rôle d’Erin Gray, un personnage qui évolue de manière intéressante et qu’on a plaisir à retrouver.

So, now what?

Publicités

5 réflexions au sujet de « Luther »

  1. Tres bel article sur Luther que je valide en tout point 😉 . A note rla presence de l’actrice de Resident Evil dans les 4 épisodes de la derniere saison 🙂

  2. Bonsoir, j’ai vu les deux premières saisons: c’est addictif au possible. Je rêve d’une série française de cette qualité et très originale. Bonne soirée.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s