Critique: Les Flingueuses (The Heat)

La comédie américaine ne fait pas toujours preuve d’une finesse exemplaire, comme en témoigne The Heat, maladroitement retraduit Les Fligueuses en France.

Paul Feig, réalisateur du balourd et vulgaire Mes meilleurs amies (autre mauvaise traduction de Bridesmaids) n’inspirait donc pas spécialement confiance à la tête d’une comédie sur fond de buddy-movie policier au féminin. Le casting réunissant Sandra Bullock et Melissa Mc Carthy, au vu des choix parfois douteux des deux comédiennes en matière de comédie (Miss Détective, All about Steve pour la première, Arnaque à la Carte ou Mes meilleurs amies pour la deuxième) ne tendait pas à inverser cette tendance.

Sarah Ashburn (Bullock), agent spécial du FBI, se voit contrainte, pour obtenir une promotion de quitter New York pour Boston le temps d’une enquête et de faire équipe avec Shannon Mullins (Mc Carthy), des forces de police locale. Seulement voilà, Sarah n’est habituellement pas appréciée de ses collègues, en raison de sa rigidité et Shannon se révèle être une femme excentrique, vulgaire et indélicate.


L’aspect comédie repose essentiellement sur le concept du tandem constitué de deux personnages que tout oppose en insistant fortement sur le côté excentrique de chacune des deux femmes. Les défauts de Sarah et de Shannon seront donc mis en exergue tout au long de l’histoire, parfois de la façon la plus caricaturale possible, essentiellement lorsqu’il s’agira de Shannon. La bande-annonce laissait deviner une multiplication des scènes vulgaires et surtout un show Mc Carthy, qui aurait pu se révéler rapidement indigeste.

Heureusement, ce ne sera pas entièrement le cas. Certes, la majorité des gags impliquant Melissa Mc Carthy se révèleront plutôt vulgaires et sans finesse, mais les contours du personnage se dessineront peu à peu dans la deuxième partie du film et parviendront à transformer l’arc narratif autour de Shannon intéressant. Il faudra toutefois supporter pendant une bonne partie du film un nombre incalculables d’insultes et d’obscénités de sa part…

Mais si la comédie parvient à prendre et conduit le spectateur à rire (au moins un gag sur deux), c’est sans doute en partie grâce au travail de Sandra Bullock. La comédienne oscarisée en 2010, si elle ne choisit pas toujours bien ses rôles dans ce registre, sait faire rire, comme elle l’avait déjà prouvé dans La Proposition, par exemple.

Sandra Bullock, à propos de laquelle le rédacteur de ces lignes manque sans doute un peu d’objectivité, se révèle très bonne dans l’interprétation d’un personnage parvenant à créer un contrepoids intéressant à celui tenu par Melissa Mc Carthy.

Sandra Bullock se fait tailler un short par Melissa Mc Carthy
Sandra Bullock se fait tailler un short par Melissa Mc Carthy

Contre toute attente, le duo fonctionne et rend le film en partie plaisant.

Il ne faudra tout de même pas oublier qu’une bonne moitié des gags est basée sur un humour scabreux et des comportements vulgaires, cédant souvent à la facilité, comme c’était d’ailleurs déjà le cas pour Mes meilleures amies.

L’enquête policière qui sert de prétexte à la création du tandem est quant à elle un peu trop étirée. La durée du film atteint ainsi les 117 minutes, impliquant une baisse inévitable du rythme, ce qui ne sied souvent pas aux comédies. The Heat ne déroge pas à la règle des comédies trop longues et la qualité du film en pâtit.

Difficile de s’empêcher de penser que le volet policier aurait gagné à être simplifié, notamment au moment où on subit un twist final quelque peu superflu.

Les scénaristes, dans une volonté de rendre le film plus dense, l’alourdissent inutilement. Les éléments sérieux de l’intrigue policière ne suffisant pas à faire oublier la bêtise de bon nombre de gags.

The Heat est un film inégal, oscillant dangereusement entre humour caustique et mauvais goût, mais qui parvient à divertir, notamment grâce à la prestation de Sandra Bullock, impeccable. Ce n’est donc pas le nanar qu’on pouvait craindre au vu des trailers, mais un film d’une qualité acceptable.

Note du film : 6/10

Il serait toutefois intéressant de découvrir Melissa Mc Carthy dans un autre registre que celui de la femme vulgaire et sans scrupules. Ce qui ne sera pas le cas dans la suite déjà annoncée de The Heat, conséquence de son bon score au box-office US.

Bonus réservé aux admirateurs ou admiratrices de Sandra Bullock:

Tribute Sandra Bullock from wildgunslinger on Vimeo.

Tribute Sandra Bullock from wildgunslinger on Vimeo.

 

 

 

 

 

 

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3 réflexions au sujet de « Critique: Les Flingueuses (The Heat) »

  1. Rien que l’affiche ne me donne pas envie du tout … Mais bon, je sais quel est le prochain film que je vais aller voir 😉

  2. le jeu de mots sur l’affiche fait tiép… alors le film… je suis en tout cas content de voir que le short de Sandra t’a aidé à supporter le film. T’imagine si y avait eu Carey Mulligan en lieu et place de Sandra ? La cata…! ^^

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