Critique: Jobs

Steve Jobs aura passionné, grâce à sa vision de l’informatique et à son sens de l’innovation.

Sa biographie se vendant comme des petits pains, c’est tout naturellement qu’Hollywood s’est emparé du sujet pour réaliser un nouveau biopic, genre décidément à la mode, malgré ses limites avérées sur grand écran.

Ashton Kutcher se glisse dans la peau du gourou d’Apple, tandis qu’un certain Joshua Michael Stern passe discrètement derrière la caméra.

L’aventure débute en 1976, quand Steve Jobs et Steve Wozniak se lancent dans la conception d’un Personal Computer, dans le garage de la maison familiale des Jobs. L’histoire sera centrée sur le parcours personnel de Jobs et sur son évolution au sein de la firme qu’il a crée.

Le scénario choisit de s’attarder sur la naissance d’Apple à la fin des années 70, l’influence de Jobs sur la firme au début des années 80 et sur son éviction en 1986.


La première partie du film s’attarde longuement sur l’homme et ses idées, son caractère difficile et son obstination. Le scénario parvient dans un premier temps à mettre en lumière la personnalité controversée de Jobs, les conséquences de son investissement professionnel sur sa vie personnelle. On se surprend à prendre fait et cause pour un homme lunatique, dur mais passionné et on pense le comprendre.

Seulement voilà, la seconde partie de l’histoire se révèle beaucoup plus chaotique, les ellipses se multiplient et des évènements importants sont purement et simplement ignorés.

A partir du moment où Jobs quitte Apple en 1986, tout devient trop rapide. On ne découvre presque rien à propos de la création de Next et des prémisses de ce que sera plus tard Mac OS X, ni de la vie familiale de Steve Jobs.

Le retour de Jobs en 1997 au sein d’Apple constitue un moment clé du film, mais les scénaristes insistent trop sur le côté personnel de la situation et sur les règlements de compte. On perçoit certes le sentiment de revanche de Jobs à son retour, mais le traitement s’arrêtera à peu près là.

Quelques belles phrases seront bien prononcées, mais on ne vivra pas la plus belle période de la firme. Hormis une scène en introduction du film, on ne saura rien de la phase de création de l’ipod, puisque le film s’arrêtera avant son lancement en 2001. Par conséquent, il n’y aura encore moins d’iphone (2007) ou d’ipad (2010) à l’écran, alors même que ces produits ont transformé Apple en l’une des firmes le plus prospères du monde…

Si le film démarrait pourtant bien et si le traitement du personnage de Steve Jobs semblait réussi jusqu’à l’année 1986, le choix de stopper l’action du film avant 2001 paraît pour le moins maladroit.

On découvrira tout de même la rencontre primordiale de Jobs  avec le designer Jonathan Ive. En quelques échanges, le réalisateur parviendra habilement à mettre en évidence le respect et la complicité qui ont uni les deux hommes.

On n’en restera pas moins sur notre faim au moment où le film se termine, privés des moments de gloire les plus retentissants de la firme.

Joshua Michael Stern fait preuve de sobriété dans sa mise en scène, en hommage sans doute bien involontaire au style d’Apple.

Il réussit tout de même quelques belles séquences au travers desquelles on ressent la détermination de Jobs et parfois sa hargne. Il parvient également à créer une atmosphère et une ambiance particulières pour de nombreuses séquences.

That's 70's show
That’s 70’s show

Ashton Kutcher, malgré une démarche un peu trop exagérée, réalise une très belle performance. En quelques minutes, on oublie l’acteur pour ne plus voir que Steve Jobs lui-même. Confondant de réalisme, l’acteur a sans doute beaucoup travaillé son personnage pour parvenir à un tel résultat.

Jobs est donc un film intéressant dans sa première partie, mais qui passe à côté de son sujet dans la deuxième. L’enjeu semble se perdre au fil des minutes et des choix scénaristiques de plus en plus étranges.

A trop se pencher sur la personnalité de Jobs, le film manque petit à petit son traitement sur la firme Apple, ce qui aurait pourtant constitué un second degré de lecture passionnant.

Note du film: 5/10

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5 réflexions au sujet de « Critique: Jobs »

      1. Je ne serais pas aussi dur. En effet la prestation d’ashton est magnifique et on voit qu’il a vraiment bossé pour ça. Pour ce qui est du choix des époques je pense que de toute façon on ne pouvait pas tout voir et le choix me paraît judicieux mais aurait dû aller jusqu’à l’ipod quand même. Et comme tu le dis bien. L’expérience NEXT est trop importante pour être passée sous silence comme c’est le cas. Le personnage de Wozniak est bien interprèté mais pas assez mis en avant, sa relation avec jobs aurait dû être plus fouillée. Et surtout elle ne correspond pas à la réalité. Reste que l’ensemble me paraît cohérent. On est très loin de la biographie passionnante qui est à lire absolument, mais le film est à mon sens quand même très intéressant. Il ne manquait pas grand chose pour en faire un biopic réussi. Je lui attribuerai donc un 6,5 avec un bon 9 pour la performance d’ashton qui est je le répète bluffant de réalisme. Loin d’être une déception, mais loin du chef d’oeuvre que j’aurais aimé voir, jobs est surtout le film d’un homme visionnaire et mégalo, plus que celui d’une entreprise, et permet de comprendre comment un visionnaire à tout changé.

  1. J’ai longuement hésité à aller le voir, mais vu les nombreux avis négatifs, ou mitigés, j’attendrai la sortie en DVD. Mais bonne critique sinon 😉

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