Cars

Jours de tonnerre

La Piston Cup propose sa dernière course, et trois bolides sont en passe de remporter le prestigieux trophée, l’un d’entre eux est Flash MacQueen, héros de Cars. Les trois concurrents finissent ex aequo, ce qui oblige les organisateurs à prévoir une ultime course, à laquelle participeront uniquement les trois rivaux. Mais cette course aura lieu en Californie, et pour cela, Flash MacQueen devra traverser les Etats-Unis. Après une mésaventure dont je vous passe les détails, Flash se retrouve dans un petit bled perdu : Radiator Springs, sur la célèbre route 66.
Ayant ruiné la route principale de la ville à cause d’un accident inénarrable, Flash se voit condamné à des travaux d’intérêt général par un vieux juge local. Il est contraint à passer près d’une semaine dans cette petite ville oubliée, désertée par les touristes suite à la construction de l’autoroute. Il va y découvrir les vraies valeurs de la vie.

Et Lasseter créa la voiture

Pixar, bat alors tous les records de rentabilité avec ses films depuis 1995 et le succès de Toy Story, sans doute à l’époque grâce à l’originalité de leurs choix.  En effet, Pixar ne choisit pas la plupart du temps la facilité en mettant en scène des animaux bavards, comme on en croise dans chaque dessin animé. 

Non, Pixar crée la vie là où on l’attend le moins. On anime des jouets, des monstres, on offre une nouvelle place aux super-héros etc…
Même si les studios Dreamworks parviennent à l’époque de Cars à concurrencer Pixar avec de très beaux films, force est de constater que leurs idées sont moins neuves et plus consensuelles…

Ici, Lasseter crée un monde ex nihilo, où seules les voitures sont douées de vie et d’intelligence. Les humains ne sont pas présents dans le film, parce qu’ils n’existent pas. C’est un véritable tour de force, si l’on envisage toutes les difficultés que cette situation peut engendrer au niveau du scénario…
Malgré des contours enfantins, des trouvailles a priori toutes simples : le pare-choc figure la bouche, le pare-brise les yeux, ces voitures ont une âme et leurs émotions traversent l’écran. 
Un pari fou que le réalisateur gagne haut la main, après deux tours de circuit au début du film. Toute la réussite des films Pixar est là : l’humanisme déborde des créatures crées de toutes pièces et touche immanquablement le spectateur en plein cœur. Alors que beaucoup se focalisent sur le visuel et l’humour, Lasseter apporte le petit plus qui fait que l’on tombe sous le charme de ses personnages en deux temps, trois mouvements.
L’idée est belle quand on vit à une époque où le prix du carburant bat des records,où la pollution est au centre de ses préoccupations.

Mais il faut savoir que cet univers tenait à coeur de Lasseter, puisque c’est un réel passionné de voitures. Cette passion lui est venue de son père, qui travaillait pour Chevrolet et qui lui a permis de grandir au milieu de ce monde.

Flash MacQueen est le héros de cette aventure. Puissant bolide de course, ce jeune rookie est fougueux, impétueux, et quelquefois arrogant et méprisant. Il ne jure que par le succès, l’argent, les sponsors prestigieux et oublie tout le reste. Il roule des mécaniques en débarquant à Radiator Springs, mais cette escale va lui faire découvrir les vraies valeurs de la vie.

Sally Carrera est une Porshe Carrera 2002 de toute beauté, ancienne avocate exilée à Radiator Springs, à la recherche d’une vie meilleure et plus vraie Elle s’emploie à défendre les vertus de la petite ville qu’elle habite et elle aimerait que cette ville retrouve son lustre d’antan. 
Elle va immédiatement tomber sous le charme de Flash.

Doc Hudson est une Hudson Hornet 1951, joue le rôle de juge à Radiator Springs. Mais on décèle un passé mystérieux et on devine qu’il s’est rangé des voitures en s’installant à Radiator Springs.

Martin est une vieille dépanneuse, affublée de dents de cheval et qui a perdu son capot vingt ans auparavant…
Sa carrosserie est rouillée, mais c’est loin d’être le cas de son cœur, qu’il ouvre tout grand à Flash, en lui offrant son amitié sans calcul. 
C’est sans doute le personnage le plus attachant de l’aventure.

cars wildgunslinger

Le bonheur est dans le pré

Facile de se faire rouler par la bande-annonce.
En voyant les images de courses de bolides sur des anneaux de vitesse on pouvait s’attendre à un film centré uniquement sur l’univers des courses sportives. Seulement voilà, passé la première scène de course, Lasseter amorce un virage à 180 degrés et nous conduit sur les routes de traverse. Parce que l’essentiel du film va se dérouler loin des circuits de course, mais au milieu des petites gens, qui vivent à l’ancienne et porteurs de valeurs morales que Flash semble ne pas avoir au menu de son GPS.

Passée la surprise du scénario, on s’attache très rapidement au thème du film et à cette petite ville perdue. 
Lasseter a eu l’idée de cette histoire en voyageant avec sa famille en camping-car en 2000 et a emmené toute l’équipe de son film en voyage sur la route 66 durant 9 jours afin de s’imprégner de l’ambiance et du mode de vie dans ce genre de petite ville que la civilisation a laissé dans son rétro. 
On sent la diffusion d’un vrai message à travers ce film, celui d’un monde coupé en deux, de la perte des valeurs essentielles, de l’importance de vivre chaque moment en prenant le temps, dans un monde qui va à cent à l’heure et dans lequel on ne lève jamais le pied. 
A la manière d’un Stephen King, qui prend un plaisir aisément décelable à mettre en avant des personnages ruraux, ayant une vie simple et loin de la folie du monde moderne, Lasseter choisit ici de confronter un champion automobile, compétiteur dans l’âme et orgueilleux au possible, à quelques provinciaux, nostalgiques de l’activité de leur ville à l’époque où les touristes s’arrêtaient encore.
Les personnages de Sally et de Doc Hudson notamment symbolisent le choix de vivre autrement et vont amener Flash à se poser des questions, à envisager sa vie d’une autre façon.
Il va petit à petit comprendre que l’essentiel n’est pas forcément dans la victoire, mais dans la manière et dans le parcours qui mène à cette victoire.

Si au premier abord, le dérapage amorcé par Lasseter semble risqué quand on débarque à Radiator Springs, après avoir été ébloui par la première course de Nascar en ouverture, on tombe rapidement sous le charme des habitants de cette petite bourgade.

cars flash wildgunslinger

Il n’aura fallu que cinq minutes à Lasseter pour nous faire entrer dans son nouvel univers. 
Cela est dû en premier lieu à la qualité des personnages présentés et à leur « réalisme » rafraîchissant, puis à la profondeur et à l’inventivité de l’histoire. 
En utilisant des thèmes qui ont déjà été exploités maintes fois dans bon nombre de films américains, Lasseter parvient à faire du neuf. La route initiatique empruntée par Flash sera semée de trouvailles en tous genres, de petits rebondissements anodins mais qui donnent toute son ampleur et sa fraîcheur au film.

A noter que le film est bâti selon un rythme alerte, qu’il n’y a quasiment aucun temps mort. Impossible de s’ennuyer ne serait-ce que deux minutes pendant cette aventure. 
C’est souvent le propre des films d’animation, quand ils ne sont pas stoppés dans leur élan par des chansons, et ce Cars est un exemple de film rythmé à la perfection.

Un rendu visuel de toute beauté

Si on était habitués avant ce film et depuis une dizaine d’années aux performances visuelles ébouriffantes des films Pixar, on atteint ici un niveau de perfection inégalé pour l’époque. 
Les courbes des voitures sont, sous des allures enfantines, très réussies, notamment pour la Porshe Carrera qui est de toute beauté. 
Les décors sont fantastiques, qu’il s’agisse des paysages fabuleux que l’on découvre lorsque Sally emmène Flash faire un balade, ou quand Flash se retrouve sur des routes en terre.
Mais le plus impressionnant et le plus réussi reste sans doute la course de Nascar. Le moindre détail semble avoir été pensé : les morceaux de gomme sur le bitume, les éclairages, les gradins, les couleurs, le son, le rendu est extraordinaire. 
C’est d’autant plus frappant que l’on est confrontés à cette vision dès l’ouverture du film et pour le combat final, évidemment.

Mais la beauté des images vient aussi du détail, comme les reflets sur les voitures, qui ont considérablement ralenti le tournage, en imposant un travail minutieux.

Comme dans tous les films Pixar, l’humour n’est pas la cinquième roue du carrosse, mais occupe une place importante. 

Par moments enfantin, quand on voit par exemple Martin la dépanneuse se livrer à quelques farces avec les tracteurs (qui symbolisent ici des vaches), et par moments plus fin quand c’est pour nous sortir quelques jeux de mots qui valent leur pesant de cacahuètes.

Le plus drôle étant sans doute la parodie de Fast and Furious, au début du film.
Comme dans Toy Story 1 et 2 où on retrouvait des clins d’œil discrets à d’autres films, cette référence ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe et est très plaisante.
!

On a également droit à quelques auto clins d’œil comme la marque des pneus de Flash : Lightyear, pastiche de Goodyear, mais aussi en référence au personnage Buzz l’Eclair de Toy Story (Lightyear étant son nom dans la version originale).

Deux mots sur la bande-son pour finir, parce qu’elle a son importance dans le film, tellement elle est astucieuse.
Randy Newman, déjà collaborateur de Lasseter sur les films précédents, concocte ici une belle sélection de titres blues, country pour la partie du film où l’action se situe à Radiator Springs et de titres plus énergiques, rock, au moment des courses de Nascar.

Ce film est une vraie réussite.

Si le premier quart d’heure peut un peu surprendre au vu du thème finalement abordé, l’opus est jouissif, à l’image des précédents films Pixar.
La magie opère, on s’attache aux personnages et on ne veut plus que le film se termine.

 

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6 réflexions au sujet de « Cars »

      1. non mais je ne parlais pas de ton texte mais de mon commentaire précédent…
        tu ne te rappelles pas, sur ciao, des gens qui pour unique comm te mettait juste « très intéressant » sans même t’avoir lu ?
        ^^

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