Critique: White House Down

2e round pour la bataille de la Maison Blanche. Roland Emmerich propose sa version de l’attaque du célèbre bâtiment, 5 mois (3 pour les Etats-Unis) après la version d’Antoine Fuqua, La chute de la Maison Blanche (Olympus has fallen).

Le réalisateur allemand s’entoure de Jamie Foxx et de Channing Tatum dans les rôles du président et de l’agent spécial s’improvisant héros national.

Le casting sera complété par James Woods, Maggie Gyllenhaall (la soeur de Jake, héros du Jour d’après), Richard Jenkins et Joey King.

Est-il vraiment nécessaire de présenter l’histoire, quand le titre est aussi significatif?

En quelques mots: la Maison Blanche, un président, un agent spécial musclé, des terroristes bien organisés, des traîtres, des hélicoptères, des mitraillettes, quelques missiles, un bazooka une prise d’otages et une enfant à sauver.

Roland Emmerich, réalisateur cordialement détesté en France, était bien l’homme de la situation pour mettre en scène une attaque terroriste sur la Maison Blanche. Spécialiste des explosions et destructions de bâtiments mythiques, le réalisateur d’Independence Day et de 2012, n’a pourtant ici pas versé dans la démesure que la bande-annonce pouvait laisser imaginer.

En effet, quand La chute de la Maison Blanche ressemblait davantage à une série B vitaminée, violente mais désincarnée, White House Down choisit un angle plutôt grand public.

La violence sera moins sèche, l’humour plus présent et le fil des événements plus agréable à suivre.

Si le film commence à peu de choses près de la même manière que son rival, la mise en place est plus soignée avec Emmerich, qui prend le temps de présenter ses personnages de manière à créer une empathie réussie.

Ici, l’enchaînement des événements n’est pas brusque, Emmerich prenant le temps de raconter une histoire. Si on ne peut pas qualifier les faits de réalistes, l’explication donnée à l’assaut et les réactions des autorités se voudront plutôt vraisemblables.

En habitué du genre et des catastrophes, Emmerich parvient à répartir l’action de façon judicieuse. On pourra regretter l’absence d’une scène plus marquante que les autres, le pendant étant tout de même d’éviter un délire pyrotechnique qui aurait facilement pu conduire au ridicule, étant donné le contexte.

On évite même de justesse la faute de goût avec une poursuite en voiture sur la pelouse du 1600 Pennsylvania Avenue et un président dégainant un bazooka par la vitre.

L’ensemble reste tout de même maîtrisé, le réalisateur allemand ayant comme à son habitude le souci de proposer un rendu très lisible. Ici, pas de shaky cam ni d’exécution sommaire à répétition pour transformer artificiellement un personnage en badass.

Potus et Charming Potato sont à l'eau
Potus et Charming Potato sont à l’eau

L’idée de constituer un véritable duo entre le président et l’agent spécial permet au film de sortir du huis-clos classique et de s’extirper de la référence Die Hard. Channing Tatum n’aura pas à effectuer un cavalier seul et c’est tant mieux.

Les personnages se déplaceront à travers toute la Maison Blanche, donnant l’impression que l’histoire investit réellement les lieux.

Le duo Foxx / Tatum fonctionne parfaitement, l’alchimie se forme entre les deux acteurs, qui développent une relation simple et naturelle.

Jamie Foxx ne prendra certes pas la relève de Daniel Day Lewis à la prochaine cérémonie des Oscars pour son interprétation d’un président américain, mais il parvient à conférer un style sympathique à son personnage, même si la volonté de rappeler le véritable président en exercice transparaît un peu.

Tatum, quant à lui, est très bon, suffisamment physique et énergique dans son jeu.

Alors certes, on n’échappera pas aux bons sentiments du blockbuster estival ou à quelques passages obligés sur les valeurs américaines.

La presse pourra s’en donner à coeur joie: Roland Emmerich est toujours l’allemand le plus américain du monde.

Oui, Emmerich montre un drapeau américain dans ce film.

Il n’abuse toutefois pas du discours patriotique et aucune levée de boucliers n’avait été remarquée lors de la sortie de La chute de la Maison Blanche, film dans lequel on voit pourtant un drapeau américain tomber au sol et se faire cribler de balles en guise de symbole.

White House Down réussit donc son pari, en proposant un traitement plus familial mais aussi plus agréable que son concurrent La chute de la Maison Blanche ou que le convenu Air Force One.

 Note du film: 7/10


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6 réflexions au sujet de « Critique: White House Down »

  1. J’avais trouvé le Fuqua ultra fendard et bien délirant dans son côté hard boiled badass.
    Celui ci, que j’irai voir, me fait peur malgré son casting très jouissif (oui, j’aime beaucoup Channing Tatum :).
    Quand tu écris « Il n’abuse toutefois pas du discours patriotique  » j’ai envie de te dire que j’attends de juger sur place. Parce qu’au vu de la BA, quand on voit que le sidekick de Channing est le président des USA himself, ben désolé mais je trouve ça très patriotique, quoi… Le président qui sort ses armes… lol… j’espère qu’il s’en sortira mieux que Harrison Ford dans le molasson Air force one ^^
    Mais bon
    je jugerai sur place,
    j’aime bien les films d’action 🙂 booyaaaaah !!!

  2. Comme tu le sais, je suis pas du tout d’accord avec toi sur ce film qui pour moi est un gros raté. Comme tu dis, on ne retrouve pas de shaky cam dans la réalisation et c’est vraiment dommage. la réalisation est plate avec un cadrage trop rapproché et serré, ce qui est déroutant et vraiment pas terrible. En plus le film est trop sérieux contrairement à Olympus Has Fallen qui était badass et drôles dans ses répliques grâce à un coté série b assumé. Qui plus est le film est très lent, il ne se passe pas grand chose…Enfin bref je me suis ennuyé et j’ai pas aimé. Mais bonne critique quand même dans laquelle je retrouve le fanboy de Roland Emmerich, en tout bien tout honneur =)

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