Critique La Vie d’Adèle

La vie d’Adèle, palme d’Or du dernier festival de Cannes, d’Abdellatif Kechiche, réunit un duo d’actrices marquant composé de Léa Seydoux et d’Adèle Exarchopoulos.

Adèle est une jeune lycéenne, à l’aube de sa sexualité, mais qui ne ressent pas de déclic particulier…jusqu’au jour où elle croise une jolie fille aux cheveux bleus dans la rue, qui la troublera beaucoup plus que ce qu’elle n’aurait jamais imaginé…

Ce film, fort d’une durée de trois heures, est atypique. Tant sur la forme que sur le fond, Kechiche semblant s’affranchir des règles de la narration, du cadrage et du montage, pour ne laisser libre cours qu’à une sorte de pulsion cinématographique.

La plus grande réussite de La vie d’Adèle sera de constituer un formidable vecteur d’émotions.

Kechiche réussit comme personne à filmer le désir, à la rendre palpable, à travers ses deux comédiennes parfaitement investies dans leur personnage.

Si le procédé du plan resserré sur les visages peut créer une sensation étrange pendant les premières minutes du film, si on peut avoir l’impression de forcer la porte de l’intimité d’Adèle, c’est ce qui permettra finalement de plonger corps et âme dans la vie de l’héroïne et qui créera un sentiment d’identification saisissant.

Le procédé aurait pu s’avérer grossier, aurait pu créer une distance pour le spectateur masculin. Il n’en sera rien, on finit par oublier l’utilisation de cette technique pour se laisser happer dans l’univers de la jeune fille.

A partir de la scène au cours de laquelle Adèle et Emma se parlent pour la première fois dans un bar, on ne regarde plus le film, on le vit.

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Alors certes, tout n’est pas parfait. On pourra regretter une ellipse temporelle entre la vie de lycéenne et la vie d’adulte d’Adèle, ignorant quelques étapes de la vie du couple, tout en évitant au film l’utilisation de clichés sur les relations amoureuses.

On pourra aussi regretter que l’action se situe plusieurs années après son démarrage et que seul le personnage d’Emma (Léa Seydoux) semble avoir vieilli, tandis qu’Adèle paraît toujours aussi jeune, tant dans son apparence que dans sa façon de parler. Une remarque d’Emma viendra même un peu maladroitement tenter de justifier ce phénomène, trop visible à l’écran.

Il n’en reste pas moins que Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos se donnent corps et âme dans ce film, qui parvient à mettre en images une passion, magnétique et physique, comme rarement ça avait été le cas sur grand écran.

Peu importe finalement qu’elle unisse deux femmes, le sujet n’est pas vraiment là.

Les personnages masculins ont même du mal à exister dans le long-métrage, à l’image de Benjamin Siksou (échappé de l’émission La Nouvelle Star, si sa tête vous rappelait quelque chose sans trop savoir quoi), un peu fade et manquant de charisme face à la présence incroyable des deux actrices.

Note du film: 8/10

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6 réflexions au sujet de « Critique La Vie d’Adèle »

  1. Comme tu le dis, le film La Vie d’Adèle on le vis plus qu’on ne le regarde. Un véritable OFNI qui pour moi transcende les règles de la narration pour nous offrir un majestueux tableau qui argumente plusieurs thèmes sans pour autant sortir de la fiction et prendre parti pour un thème réaliste. Et puis Adèle Exarchopoulos tout simplement !

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