Mini-critique de Hitchcock

Note du film: 5,5/10

Hitchcock, malgré son titre, n’est pas un biopic, puisqu’il raconte la genèse et le tournage du film Psycho (se). Réalisé par Sacha Gervasi, scénariste du Terminal de Spielberg et dont c’est ici le premier film, le rôle-titre est tenu par Anthony Hopkins. A ses côtés, on retrouve Helen Mirren, Toni Colette, mais aussi les sublimes Scarlett Johansson et Jessica Biel.

Aborder le maître du suspens dans un long-métrage n’était pas chose aisée, tant ce réalisateur a marqué son époque et le cinéma en général. C’était d’ailleurs l’un des ces réalisateurs connus physiquement du grand public, autant que ses acteurs fétiches (pourtant des stars mondiales). Le grand public a pu le découvrir également à la télévision dans la fameuse émission Hitchcock présente, mais aussi à travers une série de recueil de nouvelles. Bref, son physique était connu, son image était même encore (mal) utilisée pour un spot publicitaire en 2012.

Première difficulté pour les créateurs de ce film : donner à un acteur l’apparence d’Hitchcock. Le choix d’Anthony Hopkins paraissait d’ailleurs assez risqué, tant sa corpulence et son visage ne correspondaient pas du tout à celle du metteur en scène.

Une prise de poids sans doute importante et un travail de maquillage ont réussi à créer l’illusion et après un temps d’adaptation de quelques minutes, on ne voit plus Hopkins mais Hitchcock lui-même à l’écran.

Je n'arrive plus à voir mon zizi
Je n’arrive plus à voir mon zizi

Seconde difficulté : créer un enjeu et susciter un intérêt pour un film dont on connaît forcément l’issue et situé dans une époque assez lointaine de la nôtre maintenant.

C’est ici que les choses se gâtent, puisque l’un des problèmes de ce long-métrage est le peu d’intérêt que l’on trouve à suivre les évènements qui défilent sous nos yeux.

Le personnage principal est intéressant, a contrario de tous ceux qui gravitent autour de lui, trop effacés pour certains, sans intérêt véritable pour d’autres.

Le ton du film est beaucoup trop léger, rythmé par une multitude de bons mots, qui transforment le film en comédie parfois embarrassante.

A part un « You may call me Hitch. Hold the Cock » savoureux, les touches d’humour sont trop nombreuses et trop peu piquantes pour fonctionner.

Plus grave, lors des scènes d’intrigue conjugale, on a même parfois l’impression d’assister à un vaudeville. Le personnage de l’épouse du réalisateur est caricatural au possible, son évolution grossière. Aucun suspens ne se dégage de cette sous intrigue dont on connaît l’issue dès le départ et qui se terminera noyée dans un océan de bons sentiments exaspérant. Un comble pour le maître du suspens.

Le film a également le défaut d’être assez mou et parfois un peu ennuyeux. Drôle de façon finalement d’aborder un personnage qu’on pouvait imaginer complexe, peut-être sombre. En tous cas le responsable de quelques électrochocs cinématographiques (Pyscho, Les Oiseaux).

Rendez-moi mon Blackberry!
Rendez-moi mon Blackberry!

Une sensation de trop grande légèreté dans le propos, parfois même de superficialité envahit le film, sans grand rapport avec les thèmes qu’on attendait de voir traiter.

Du casting ne ressort finalement qu’Anthony Hopkins, impeccable, qui livre une prestation assez forte, aidé par un maquillage remarquable.

Le reste du cast est anecdotique, sans doute davantage du fait des personnages mal écrits ou ayant vocation à s’effacer au profit de celui du réalisateur.

Scarlett Johansson hérite d’un personnage lisse, d’une femme trop propre sur elle et souriante pour être digne d’intérêt.

Vous auriez pu me prévenir qu'on tournait une comédie...
Vous auriez pu me prévenir qu’on tournait une comédie…

Que dire de Jessica Biel, si ce n’est qu’on peut se demander pourquoi avoir recruté une actrice aussi connue pour jouer un aussi petit rôle ? Son personnage est en effet totalement sacrifié…

Reste que le film contient quelques belles images, quelques scènes créant une mise en abyme intéressante et qu’on ne peut s’empêcher de se concentrer sur le personnage d’Hitchcock et de s’intéresser à lui.

Au final, ce long-métrage est mal pensé, la faute principalement au choix d’un angle trop léger. Sans être un mauvais film, il se révèle extrêmement moyen et ne vaut finalement que pour la curiosité de découvrir un peu l’envers du décor et la prestation d’Hopkins.

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